Jan Jambon: "Je préfère cela à rester dormir à Bruxelles"

©Dieter Telemans

Le ministre de l’Intérieur doit chaque jour passer outre les redoutables bouchons du ring d’Anvers avant d’attaquer ceux de Bruxelles.

Vous voyez le fin fond de la Flandre, ce morceau de terre qu’on croit d’ailleurs parfois appartenir aux Pays-Bas tellement il y est imbriqué, c’est la petite bourgade de Brasschaat dont Jan Jambon (N-VA), vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur de son état, est également le premier citoyen.

Non pas, finalement, que Brasschaat soit aussi éloigné de Bruxelles que cela, une petite septantaine de kilomètres, c’est surtout le parcours du combattant (flamand) pour faire la navette du point A au point B parce qu’il s’agit de franchir deux des nœuds les plus gordiens de la mobilité belge: le ring d’Anvers et le ring de Bruxelles. "Je me déplace toujours en voiture avec mon chauffeur, détaille Jan Jambon. En général, je pars entre 6 et 6h30 le matin pour espérer arriver à mon cabinet aux alentours de 7h30."

"D’urgence, il faut que Bruxelles et ses politiciens prennent leurs responsabilités s’ils veulent une chance de sauver leur ville."
jan Jambon
Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur

L’arrivée du vice-Premier ministre est largement tributaire de l’état de la congestion automobile du jour. "C’est assez difficile d’évaluer le temps précis que je passe dans ces déplacements, mais ce qui est certain, c’est que même si ce n’est pas toujours facile de partir tôt ou de rentrer très tard le soir, je préfère dans tous les cas de figure cela à rester dormir à Bruxelles. Je n’aime rien plus que dormir chaque soir à la maison, c’est là où je me sens le mieux donc peu importe finalement si cela me coûte du temps. Home sweet home."

Son job de ministre exige qu’il soit au poste très tôt alors que dans sa vie "civile" précédente – il était CEO de Bank Card Company – Jan Jambon jouissait de davantage de flexibilité. "Je pouvais arriver un peu plus tard au bureau." Il dit utiliser la voiture "comme un second bureau": "Vu les heures que je passe en voiture chaque jour, je l’utilise vraiment pour travailler, je consulte mes notes, mes dossiers, je téléphone, je lis la presse. De toute façon, je vois assez nettement les choses évoluer avec le temps: les files sont de plus en plus longues avec les années qui défilent et il faut chaque fois partir plus tôt de la maison pour espérer arriver à l’heure."

©Dieter Telemans

Ne comptez pas sur Jan Jambon, toutefois, pour éreinter la politique de mobilité mise en place à Anvers, c’est son président de parti Bart De Wever qui en est responsable. "Les choses s’améliorent par rapport à ce qu’on a pu connaître il y a quelques années. Sur le ring, c’était vraiment cauchemardesque, un gros point noir. Maintenant, les choses commencent à changer, les travaux de recouvrement ont été lancés et il y a aussi tous les travaux autour de l’Oosterweelverbinding, le projet qui doit boucler le ring périphérique anversois. Tout cela doit permettre que les choses s’améliorent."

Bruxelles suffoque

"Maintenant, je ne suis pas naïf, à Bruxelles, les choses ne sont pas vraiment prises en main à ce niveau par la Région et les communes, il faut vraiment de la coordination. Bruxelles suffoque sous la pression automobile, mais ce qu’il faut aussi bien comprendre, c’est que toute cette pression est nuisible à Bruxelles en termes économiques: les entreprises vont quitter la Région pour s’installer progressivement ailleurs, là où les accès sont plus faciles. D’urgence, il faut que Bruxelles et ses politiciens prennent leurs responsabilités s’ils veulent une chance de sauver leur ville. Développer la mobilité, accélérer les travaux du métro, voilà les priorités. Or, en toute honnêteté, on ne voit pas grand-chose qui se fait à ce niveau-là", termine encore Jan Jambon.

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