"Je roule 100.000 km par an, sans chauffeur"

©Dieter Telemans

En voiture ou à moto, le président du cdH Benoît Lutgen fait la navette entre Bastogne et Bruxelles plusieurs fois par semaine. "Bruxelles est en train de mourir sous nos yeux", dit-il.

"Je fais ces 100.000 kilomètres essentiellement entre Bastogne et Bruxelles, même si je circule un peu partout en Wallonie, cela reste quand même sur l’axe Bastogne-Bruxelles que je fais la toute grande majorité de mes kilomètres annuels. À 80%, je circule en voiture, a 15% c’est de la moto", explique Benoît Lutgen à l’heure d’évoquer sa manière de se déplacer.

Il précise: "Je n’ai pas de chauffeur. Ces 100.000 kilomètres, je les avale tout seul au volant de ma voiture, par jour, cela fait minimum quatre heures. Le lundi, je quitte Bastogne vers 5h15 ou 5h30, en général, je mets deux bonnes heures pour rejoindre Bruxelles. Partir à cette heure-là permet d’éviter les bouchons: mais si je quitte a 6h30, alors je ne suis pas a Bruxelles avant 9h15…"

"J’ai vu les choses empirer sur la route. En dix ans de temps, on est passé du cauchemar à l’horreur la plus totale: venir et circuler à Bruxelles, c’est réellement devenu insupportable. Le passage à Namur devient délicat aussi mais c’est sans commune mesure avec Bruxelles."

Le Bastognard est catégorique: "Rouler en voiture à Bruxelles, c’est une horreur, c’est une horreur de stress, une horreur pour l’économie, une horreur pour la santé, pour l’environnement, pour la pollution, pour l’image de marque d’une ville. C’est une ville qui est en train de mourir sous nos yeux à cause de sa mauvaise mobilité. On circule plus facilement à Paris qu’à Bruxelles."

L’évolution de la mobilité? "On doit offrir une possibilité fiscale autre qu’uniquement la voiture de société. Attention, pas comme DéFI l’a proposé, simplement en supprimant l’avantage. Non, nous voulons une vraie alternative fiscale qui pousse le logement et le télétravail ou encore les titres-services. Bref, il existe un panel d’alternatives possibles et imaginables sur lequel on peut avancer pour éviter les voitures de société qui sont devenues un vrai fléau pour la mobilité. Aujourd’hui, c’est la bagnole ou ce n’est rien: ça n’a aucun sens", tonne Benoît Lutgen.

Ensuite, ajoute-t-il, "on doit avancer sur le RER et sur le covoiturage. Ceux qui font du covoiturage, aujourd’hui, ils sont pénalisés fiscalement, or on doit les avantager. On doit aussi mettre des vrais parkings sécurisés pour les personnes qui font du covoiturage, qu’on en arrive d’ici quelques années à avoir toute une gamme de service offerts sur ces parkings – par exemple qu’on vienne vous livrer vos courses directement dans votre voiture."

Il l’a dit, il ne dispose pas de chauffeur pour avaler ces milliers de kilomètres annuels. "J’ai quatre heures de trajet par jour mais ça ne m’empêche ni de travailler ni de réfléchir. Ce sont réellement des heures que je mets à profit pour régler toute une série de dossiers avec mes collaborateurs par téléphone. Les gens savent qu’ils peuvent m’appeler et que ma ligne est ouverte pendant que je suis en voiture."

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