Yvan Mayeur: "Je ne la supporte plus"

©Dieter Telemans

C'est de la mobilité à Bruxelles qu'Yvan Mayeur nous parle...

N’essayez pas d’enfermer le bourgmestre de Bruxelles dans un seul moyen de transport, il n’aime pas cela.

"Je suis multimodal: je me déplace en voiture, en Vespa, à vélo, à pied et en métro, dit-il. Ça dépend évidemment de l’endroit où je dois me rendre et de mon emploi du temps. Parfois, le moyen de transport le plus rapide, c’est la voiture, et je ne sais pas faire autrement que de la prendre, c’est vraiment dépendant de l’endroit où l’on doit se rendre. Mais la démarche générale que j’essaye de suivre est d’essayer d’utiliser le moins possible ma voiture."

"D’abord, parce que la voiture c’est quelque chose de terriblement encombrant. Quel que soit l’endroit de la ville où l’on doit se rendre, d’abord, cela met des heures pour y parvenir avec la circulation, ensuite, on ne trouve pas de parkings, on tourne en rond, on perd du temps, ça ne m’intéresse pas. Par rapport à cela, la moto, le vélo et la marche sont incomparablement plus pratiques. Mais cela a évolué, avant j’utilisais davantage ma voiture. L’idéal pour aller de chez moi jusqu’à l’hôtel de ville de Bruxelles, c’est la Vespa." Et il désigne son scooter. Flambant rouge, évidemment.

"La base du métro n’intéresse pas les Bruxellois, mais plutôt ceux qui viennent de l’extérieur." Yvan mayeur bourgmestre de Bruxelles

"La congestion automobile, je le dis franchement, je ne la supporte plus. Là, je vais vous dire un truc en dehors de mon job, de ma fonction de bourgmestre: la personne Yvan Mayeur ne supporte plus les embouteillages et la congestion de la ville. Je ne la supporte plus. J’habite près de la rue de la Loi, c’est devenu insupportable. C’est aussi simple que cela. Et la pollution que tout cela engendre, c’est comme si on allait directement demander son cancer. Je dirais que ça fait trois à quatre ans que l’on vit dans une inflation de l’automobile à Bruxelles qui est insupportable. Et, hélas, je pense que cela ne va aller qu’en s’amplifiant sauf si on prend des mesures drastiques, explique celui qui a mis en place le piétonnier dans le centre-ville. Ces mesures, je les prends, mais elles ne sont pas toujours populaires." C’est un euphémisme…

©Dieter Telemans

"Je suis pour le changement"

"Là, je reprends ma casquette politique: la gestion de l’intérêt collectif c’est cela, est-on là seulement pour être réélu aux prochaines élections ou pour tenter de changer le dysfonctionnement de notre société? Je vous le dis, je suis pour le changement, je suis pour la prise de risque et de mesures qui sont déplaisantes pour quelques-uns mais tellement positives et enrichissantes si on parvient à un résultat." Alors, la priorité absolue en termes de mobilité, "c’est de réduire de 20 à 30% le nombre de véhicules dans Bruxelles. Et ce sont évidemment des véhicules majoritairement extérieurs à la Région. C’est une urgence. Une urgence environnementale, de qualité de vie et de mobilité. Si on veut encore pouvoir vivre dans cette ville, avoir un environnement sain et se déplacer sans être dans des files en permanence, c’est indispensable".

Yvan Mayeur prolonge: "Je suis pour qu’on aille plus vite dans l’adoption d’un arsenal de mesures comme l’installation d’un péage à l’entrée de Bruxelles pour les voitures jusqu’à l’interdiction pure et simple de certains véhicules en ville – comme les gros pollueurs diesels. Je regrette parfois qu’on n’ait pas le courage politique à certains niveaux d’avancer là-dessus." Il embraye: "La voiture de société, c’est un détournement du régime salarial. La question n’est pas la voiture ou pas la voiture, la vraie question, c’est de payer correctement les gens dans les entreprises. Plutôt que d’offrir une voiture, on a qu’à augmenter les gens de 400 euros. L’équation c’est celle-là. C’est une question salariale."

"Perte de temps sur le métro, c’est vrai. Structurellement, la Ville de Bruxelles, la Région n’ont été administrées pendant des années que pour des intérêts extérieurs à Bruxelles, avant qu’on crée la Région bruxelloise. La base du métro n’intéresse donc pas les Bruxellois mais plutôt ceux qui viennent de l’extérieur, les navetteurs, il a fallu attendre la création de la Région pour qu’on commence à voir cela évoluer; mais il y a eu des résistances de certaines communes – Uccle en tête – contre le développement du métro. Ce sont des erreurs historiques que notre génération politique paye encore aujourd’hui."

Et le métro? "C’est le transport du futur, pas nécessairement en sous-sol. Il faut faire preuve d’ingéniosité et de modernité. Il y a des formules plus légères, des métros aériens, etc. Nous sommes tous amenés à voyager partout en Europe, on est toujours satisfait de prendre le métro. Sauf à Bruxelles. Il y a une raison à cela: le réseau n’est pas développé, il n’est pas confortable et donc, on ne l’utilise pas. À Londres, à Paris, c’est différent."

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