900.000 Européens ont anticipé le Brexit

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La question des droits des résidents européens au Royaume-Uni est en passe d’être réglée de façon définitive, quelle que soit l’issue du Brexit, y compris une sortie sans accord.

Tout n’est pas complètement enlisé dans le long chemin censé mener le Royaume-Uni en dehors de l’Union européenne. L’une des questions les plus brûlantes, celle des droits des résidents européens au Royaume-Uni, est en effet en passe d’être réglée de façon définitive, quelle que soit l’issue du Brexit, y compris une sortie sans accord.

Le Home Office communique chaque mois le nombre de citoyens européens qui ont pris l’initiative de s’enregistrer, avec leur famille, dans la base de données qui devrait leur permettre d’obtenir des droits similaires à ceux qui sont nés au Royaume-Uni, notamment celui de travailler, d’avoir un logement, et de bénéficier de prestations sociales. 861.000 Européens ont obtenu leur sésame, selon les chiffres de juillet, soit environ un quart de l’ensemble de la communauté présente sur le territoire.

Les Polonais arrivent largement en tête, avec 154.000 inscriptions, suivis des Roumains (125.000) et des Italiens (100.000). Suivent les Portugais (81.000), les Espagnols (61.000), et les Bulgares (47.000).

Seuls 7.700 Belges sont inscrits dans ces fichiers.

Les Belges sont sous-représentés: seuls 7.700 sont inscrits dans ces fichiers. Les citoyens des pays les plus proches géographiquement, les plus peuplés, et les plus robustes économiquement ne représentent qu’une faible proportion de ces futurs résidents à statut spécial: seuls 30.500 Français et 29.700 Allemands ont inscrit leur nom. Les Européens disposent encore de plus d’un an pour s’établir formellement et officiellement en tant que résidents, jusqu’au 30 juin 2021. En cas de Brexit sans accord, cette date limite sera réduite au 31 décembre 2020.

Théoriquement, rien ne garantit aux citoyens européens qu’ils préserveront leurs droits en cas de Brexit sans accord, même s’ils sont inscrits. Pour l’instant, Downing Street met la poussière sous les meubles en évitant de répondre à cette question. Il est peu probable que le successeur de Theresa May, très probablement Boris Johnson, utilise cet enjeu comme levier de négociation face à l’UE, comme il a pu le faire avec la facture de divorce le mois dernier. Ses marges de manœuvre politiques sont de toute façon réduites, puisque 1,3 million de Britanniques sont établis dans le reste de l’Union européenne et dépendent du principe de réciprocité.

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