L'éviction de Theresa May n'est plus taboue chez les Tories

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Une cinquantaine d’élus conservateurs opposés au projet de Brexit de Theresa May se sont rencontrés pour discuter de l’éviction de la Première ministre. Leurs chances d’y parvenir sont limitées.

Combien seront-ils? 50? 80? Et qui est leur véritable leader? La seule chose que les plus virulents eurosceptiques du parti conservateur britannique savent déjà, c’est qu’ils seront plusieurs dizaines à rejeter au parlement l’accord entre le gouvernement britannique et l’Union, à la fin de l’automne.

Le succès final de leur action est loin d’être acquis, ce qui amène une partie d’entre eux, notamment ceux qui font partie du European Research Group, à réfléchir aux meilleurs moyens de faire tomber Theresa May dès le prochain congrès du parti conservateur, à Birmingham, à la fin du mois.

Le problème, là aussi, est que les leaders eurosceptiques les plus visibles, notamment Jacob Rees-Mogg et David Davis, se montrent pour l’instant assez légitimistes vis-à-vis de la Première ministre et leader de fait du parti tory. Il est vrai que la virulence quasi-trumpiste de l’ancien ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, vis-à-vis de Theresa May, ne peut que les inciter à une certaine modération.

Elle doit rester en place parce que nous avons besoin de stabilité.
David Davis
ex-ministre du Brexit

"La politique doit changer, mais je continue à soutenir Theresa May, a affirmé avec tiédeur Jacob Rees-Mogg. Elle a d’énormes qualités, c’est une Première ministre fantastique et elle a mon soutien. Je veux tout simplement qu’elle change de politique sur un sujet."

"Elle doit rester en place parce que nous avons besoin de stabilité", a confirmé David Davis.

Une succession en pointillés

Un vote de censure interne au parti conservateur pourrait être réclamé, mais cela ne suffira pas forcément à faire chuter Theresa May. Car la question sous-jacente, au-delà du maintien ou non de la Première ministre à son poste, sera celle de sa succession. Plus de deux ans après le référendum, où la plupart des "cadres" s’étaient désistés devant l’ampleur du défi et avaient ainsi laissé la voie libre à May, aucune figure crédible et susceptible de mieux rassembler qu’elle ne s’est encore révélée.

Déclencher une crise de succession, dans une majorité déjà très affaiblie, pourrait, en outre, obliger le parti conservateur à convoquer de nouvelles élections et provoquer le retour du parti travailliste au pouvoir, près d’une décennie après le tournant de 2010.

Quelle alternative?

En dehors de ces bruits de couloir, les eurosceptiques peinent à proposer une alternative à l’accord de Brexit doux qui est en passe d’être conclu entre Londres et Bruxelles. Ils maintiennent leurs positions de départ sur certains sujets, notamment sur la frontière irlandaise, où ils continuent de rejeter l’idée de frontière dure entre l’Irlande (qui restera européenne) et l’Irlande du Nord (qui sera géographiquement voisine de l’UE, mais politiquement séparée).

Malgré les déclarations d’intention de Michel Barnier, négociateur en chef de l’UE, et de Theresa May, cette problématique douanière est encore loin d’être résolue et continue de constituer un point de blocage majeur de l’après-29 mars 2019.

C’est sur ce blocage que reposent les derniers espoirs des principaux Brexiters, deux mois après leur départ spectaculaire du gouvernement.

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