Le Royaume-Uni pourrait "ne pas quitter l'UE pendant des mois, si ce n'est jamais" (May)

Theresa May tente de convaincre les eurosceptiques purs et durs de son parti et les députés du DUP, son allié au Parlement, de changer d'avis et voter pour l'accord négocié avec les Européens. ©REUTERS

Le gouvernement britannique doit rallier suffisamment d'élus à la Chambre des communes s'il veut enfin faire ratifier l'accord de retrait négocié avec les Européens. A défaut de soutien politique suffisant, il n'est pas certain que le vote prévu cette semaine soit organisé.

Theresa May, conformément à la série de votes de la semaine passée aux Communes, se donne jusqu'à ce mercredi au plus tard pour tenter de faire approuver l'accord sur le Brexit par le Parlement de Westminster. Soit avant le Conseil européen des 21 et 22 mars. Mais la Première ministre britannique pourrait renoncer à soumettre au vote des députés le texte négocié avec l'Union européenne si elle n'obtient pas suffisamment de soutien. 

"Nous ne présenterons de nouveau l'accord que si nous sommes sûrs qu'un nombre suffisant de nos collègues et du DUP sont prêts à le soutenir afin qu'il passe au Parlement" (le ministre des Finances Philip Hammond)

Le DUP conditionne son soutien au texte à une présence à la table des négociations commerciales qui devront être menées après le Brexit. Le parti unioniste nord-irlandais veut obtenir l'assurance que l'Irlande du Nord ne sera pas traitée de manière différente du reste du Royaume-Uni.

→ Conséquence de l'annulation du vote prévu cette semaine? Cela repousserait le Brexit à bien plus tard.  

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L'accord a été rejeté
Les Communes ont deux fois déjà rejeté l'accord: par 432 voix contre 202 le 15 janvier, puis par 391 voix contre 242 mardi dernier.

Theresa May a besoin de convaincre 75 parlementaires pour renverser la donne. Certains ont rejoint son camp comme Esther McVey qui avait démissionné en novembre de son poste de ministre du Travail, en désaccord avec le texte. Fidèle à sa réputation d'opiniâtreté, Theresa May a de nouveau supplié les parlementaires de la rallier, dans une tribune au Sunday Telegraph. Si elle essuie un nouvel échec au Parlement, le Royaume-Uni pourrait "ne pas quitter l'UE pendant des mois, si ce n'est jamais", a-t-elle prévenu. Elle a aussi averti qu'un long report du Brexit forcerait le Royaume-Uni à organiser des élections européennes fin mai.

Jugeant "ridicule" un troisième essai de Theresa May, le leader du Labour, principal parti d'opposition, Jeremy Corbyn, a prévenu que les travaillistes pourraient tenter de nouveau de renverser le gouvernement. Il discute avec des députés d'autres partis pour trouver une alternative sur le Brexit. Il a indiqué que son parti pourrait soutenir un amendement déposé par les députés Peter Kyle et Phil Wilson qui validerait l'accord de retrait à condition qu'il soit soumis à un référendum.

L'UE se prépare à la chute de May

L'Union européenne travaille à la chute du gouvernement de la Première ministre Theresa May, expliqauit l'Observer dimanche. Une note diplomatique entre des ambassadeurs européens et de hauts responsables révèlent une tentative pour s'assurer que le successeur de Theresa May ne sera pas en mesure d'ignorer l'accord de retrait conclu en novembre.

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