"Les négociations sont entre le gouvernement et le Parlement à Londres" (Barnier)

Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, et Michel Barnier, le négociateur en chef de l'UE pour le Brexit. ©EPA

Theresa May se rendra ce lundi soir à Strasbourg pour essayer de finaliser des concessions. "Il y a un risque que le Brexit nous échappe", admet Jeremy Hunt, ministre anglais des Affaires étrangères. Michel Barnier annonce que les discussions et négociations sont désormais entre les mais de Londres.

Ce lundi, la  Première ministre britannique Theresa May doit révéler le résultat des discussions menées pour tenter d'obtenir des modifications à l'accord de divorce avec l'Union européenne, à la veille d'un vote crucial des députés britanniques et à moins de trois semaines de la date prévue du Brexit. Elle doit aussi se rendre à Strasbourg pour essayer de finaliser des concessions. Les députés britanniques votent en effet à partir de mardi pour concrétiser ou reporter la sortie du Royaume-Uni de l'UE fixée au 29 mars, près de trois ans après le référendum du Brexit. Il y a deux mois, la Chambre des communes avait rejeté à une majorité massive l'accord conclu fin novembre par la dirigeante conservatrice avec Bruxelles, la renvoyant à la table des négociations.

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• Quoi de neuf?   Alors que les députés se préparent à voter une seconde fois sur le texte, il apparaît de plus en plus que  May n'aura pas grand chose à leur présenter, ouvrant la voie à une nouvelle défaite humiliante.  Des discussions techniques se sont poursuivies tout au long du week-end à Bruxelles, mais n'ont donné lieu à aucune annonce.  La cheffe du gouvernement britannique se tient cependant prête à se rendre dans la journée chez nous pour valider toute avancée.

May retournera mardi devant la Chambre des communes pour soumettre à nouveau au vote des députés l'accord de retrait. Son adoption offrirait au Royaume-Uni une sortie ordonnée, quarante-six ans après avoir rejoint ce qui était à l'époque la Communauté économique européenne. 

Le programme...

Un rejet de l'accord pourrait signifier que le Royaume-Uni quittera l'UE dans le chaos le 29 mars, après 46 ans d'une relation souvent houleuse. Il pourrait aussi aboutir à un report de la sortie.

Si le texte devait effectivement être rejeté une nouvelle fois mardi, Theresa May a décidé d'organiser un vote mercredi sur la possibilité de sortir de l'UE sans accord. Si les députés refusent cette option, ils voteront jeudi sur une proposition de report "limité" du Brexit, au-delà du 29 mars. Mais les 27 pays de l'UE devront donner leur accord et les dirigeants européens ont prévenu que pour être accepté, tout report devra être dûment justifié.

Chaque camp, pour ou contre le texte, a sonné dimanche la mobilisation dans ses rangs.

"Nous avons une opportunité de sortir (de l'UE) le 29 mars, il est très important de la saisir, car les personnes qui tentent d'arrêter le Brexit ont du vent dans les voiles", a affirmé sur la BBC le ministre des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, appelant à soutenir l'accord. "Il y a un risque que le Brexit nous échappe dans les deux prochaines semaines si nous nous trompons de vote", a-t-il mis en garde. "Les députés le savent, et ce serait une très grande erreur".

Mais au sein de la majorité, les députés Steve Baker, membre du Parti conservateur, et Nigel Dodds, député du parti nord-irlandais DUP allié des Tories, ont averti l'exécutif. "Il est inévitable que cet accord de retrait inchangé sera rejeté une nouvelle fois", ont-ils écrit dans les colonnes du Sunday Telegraph.

Le parti travailliste, principale formation d'opposition, ne devrait pas présenter d'amendement. "L'impression qui grandit est qu'il faut un vote direct sur cet accord", a déclaré sur Sky News Keir Starmer, le porte-parole du Labour pour le Brexit. Il a estimé qu'il y aurait "bien d'autres opportunités" pour soumettre un amendement en faveur d'un second référendum, une option défendue depuis peu, et du bout des lèvres, par le leader travaillistes Jeremy Corbyn.

"Nous avons fait des propositions constructives que j'ai rappelées vendredi", a déclaré pour sa part le négociateur en chef de l'UE pour le Brexit Michel Barnier à son arrivée à une réunion avec des ambassadeurs des 27 à Bruxelles. "Nous avons discuté tout le week-end et désormais les discussions, les négociations, sont entre le gouvernement à Londres et le Parlement à Londres."

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