Top départ pour des négociations "intenses" sur le Brexit

Le négociateur de l'UE Michel Barnier (à gauche) et son homologue britannique Stephen Barclay. ©EPA

Les 27 ont donné leur feu vert pour lancer des négociations "intenses" sur le Brexit avec les Britanniques. Cette décision est intervenue après une rencontre entre le négociateur de l'UE pour le Brexit Michel Barnier et le ministre britannique de tutelle Stephen Barclay.

En quittant le Monsieur Brexit du gouvernement britannique ce vendredi, Michel Barnier a souligné le côté constructif de sa rencontre avec Stephen Barclay tout en appelant à "la patience". Dans la foulée, le négociateur en chef pour l'UE a rejoint les ambassadeurs des 27 partenaires du Royaume-Uni. Selon une source diplomatique, les Européens ont donné leur aval pour lancer des négociations "intenses" sur le Brexit avec les Britanniques, et cela à 20 jours de la date théorique du divorce. 

De son côté, la Commission européenne a confirmé que Londres et l'Europe s'étaient "mis d'accord pour intensifier les discussions au cours des prochains jours". 

Ce feu vert intervient à moins d'une semaine d'un sommet européen décisif, les 17 et 18 octobre

Dossier Brexit

Comment s'y retrouver dans l'imbroglio du Brexit? Toutes les infos et analyses dans notre dossier spécial >

La livre portée par des espoirs sur le Brexit 

La livre sterling continuait son envolée ce vendredi, atteignant des niveaux plus vus depuis cinq mois face à l'euro et au dollar, portée par un regain d'optimisme concernant un accord sur le Brexit. En début d'après-midi, la monnaie britannique gagnait 1,62% face au billet vert, à 1,2644 dollar. Face à la devise européenne, elle prenait 1,17% à 87,42 pence pour un euro.

La livre avait déjà bondi de 1,9% face au dollar et de 1,6% face à l'euro jeudi après que le Premier ministre britannique Boris Johnson et son homologue irlandais Leo Varadkar aient ravivé l'espoir d'un accord sur le Brexit d'ici à sa date prévue le 31 octobre en assurant entrevoir "un chemin" vers un compromis sur la question clé de la frontière irlandaise.

Pour Michael Baker, analyste pour ETX Capital, "le vrai test, comme précédemment avec Theresa May, dépendra de s'il y a un soutien" des Brexiters les plus durs et des conservateurs nord-irlandais. Selon lui, la livre pourrait effacer ses gains dès lors qu'une opposition à un nouvel accord commencera à se faire entendre.

La semaine qui pourrait sceller le sort du Brexit 

Les prochains jours s'annoncent déterminants pour savoir comment le Royaume-Uni quittera l'Union européenne le 31 octobre, à moins que le Brexit ne soit repoussé une troisième fois. Voici le calendrier d'une semaine cruciale.

Dimanche 13 octobre 

Rencontre entre le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel lors d'un dîner de travail. Ils doivent préparer un conseil des ministres franco-allemand prévu le 16 octobre à Toulouse (sud-ouest) et nul doute que le Brexit sera le plat de résistance.

Lundi 14 octobre 

Le Premier ministre Boris Johnson présente son programme lors du traditionnel discours de la reine, lu par Elizabeth II pour marquer l'ouverture d'une nouvelle session parlementaire avant plusieurs jours de débats à Westminster. Aucun vote sur ce discours n'est attendu dans la semaine qui suit, bien que Westminster bruisse de possibles tentatives de la part des députés de déjouer la stratégie de Boris Johnson. 

Mardi 15 octobre 

Les ministres des Affaires étrangères des 28 Etats-membres se retrouvent pour préparer le sommet. Quand le Brexit sera abordé, les représentants du Royaume-Uni devront quitter la réunion.

Mercredi 16 octobre  

Comme de tradition à la veille d'un sommet, le président du Conseil européen Donald Tusk adresse une lettre aux dirigeants européens pour préparer l'ordre du jour. L'agenda est souple, permettant des ajouts de dernière minute.

Jeudi 17 octobre 

Boris Johnson doit rejoindre les 27 dirigeants européens pour ce sommet de deux jours, le dernier avant la date prévue du Brexit. Tout accord ou tout report du Brexit devra être approuvé à l'unanimité par les 27. 

Samedi 19 octobre 

Le Premier ministre britannique compte convoquer une séance spéciale du Parlement, la première un samedi depuis la guerre des Malouines en 1982, pour décider des étapes suivantes. Une loi adoptée en urgence par les députés le mois dernier impose à Boris Johnson de demander un report du Brexit à moins qu'un accord soit trouvé ou qu'ils approuvent une sortie sans accord d'ici au 19 octobre. Il doit demander une prolongation de trois mois. Dans le cas où l'UE proposerait d'allonger ou raccourcir ce délai, les députés devraient se prononcer dans les deux jours.

Lire également

Publicité
Publicité