À un mois des élections, le Labour promet l'internet gratuit pour tous

Jeremy Corbyn, patron du Labour, à l'arrière-plan ©AFP

Toujours aussi ambigu sur le Brexit, le principal parti de l’opposition veut aussi renationaliser partiellement British Telecom, surtaxer les Gafa et mieux protéger les services de santé. Cette offensive vise à combler l’écart qui sépare les travaillistes des conservateurs de Boris Johnson.

Comme lors de l’élection perdue en 2017, Jeremy Corbyn n’a pas axé sa campagne sur le Brexit, qui sera pourtant la grande priorité du prochain Premier ministre, quel qu’il soit. La position officielle du leader du Labour reste la même: retourner à Bruxelles pour renégocier un troisième accord sur le Brexit, avant de le soumettre au référendum. Cette ambiguïté a pour but de ne pas hérisser les électeurs travaillistes de quelques circonscriptions qui ont voté pour le Leave en 2016, et qui pourraient basculer dans le camp de Boris Johnson, voire de Nigel Farage, le 12 décembre.

Rendre internet moins cher que l’eau est un défi qui devrait coûter 23,4 milliards d’euros et qui impliquera de renationaliser partiellement BT (ex-British Telecom).

Après quelques tâtonnements, Jeremy Corbyn a peut-être trouvé son axe stratégique, en promettant la fibre optique gratuite dans tous les foyers d’ici 2030. Rendre internet moins cher que l’eau est un défi, qui devrait coûter autour de 20 milliards de livres (23,4 milliards d’euros), et qui impliquera de renationaliser partiellement BT (ex-British Telecom). Son potentiel futur ministre des finances, John McDonnell, a affirmé que cette mise à disposition d’internet à très haut débit se ferait d’abord dans les villages les moins bien servis, ensuite dans les villes moyennes, puis dans les grandes villes. Le financement serait en partie assuré par une nouvelle taxe sur les Gafa.

Le NHS pourrait faire la différence

Le coût annuel de maintenance se situerait entre 230 millions de livres, selon le Labour, et jusqu’à 2 milliards, selon les analystes.

Le Labour insiste également sur l’un des gros points faibles du pouvoir tory: les services de santé (NHS, National Health Service). Ceux-ci se sont spectaculairement dégradés au cours de la décennie écoulée, et les potentiels accords commerciaux avec les Etats-Unis ne rassurent guère les citoyens.

Corbyn reste impopulaire

Ces engagements forts pourront-ils faire la différence le 12 décembre? La cote de popularité de Jeremy Corbyn est deux fois plus basse que celle de Boris Johnson (environ 22% contre 44% selon les derniers sondages), alors que le leader socialiste n’a jamais occupé une fonction étatique majeure.

Un statu quo ou une défaite courte des travaillistes serait de nature à continuer de bloquer le processus du Brexit.

Les chances de victoire du parti travailliste, ou du LibDem, sont encore plus réduites que lors des trois précédents scrutins de 2010, 2015 et 2017. Tout l’enjeu, pour le parti de centre gauche, est de réussir à préserver un étiage honorable de députés (242 actuellement sur 650). À quatre semaines du précédent scrutin de 2017, les Tories de Theresa May comptaient jusqu’à 20 points d’avance sur le Labour de Corbyn. Ceux de Johnson n’en comptent qu’une dizaine d’avance actuellement. Un statu quo ou une défaite courte serait de nature à continuer de bloquer le processus du Brexit.

Boris Johnson ne s’y est pas trompé, et mise sur l’impatience des électeurs. Le slogan "Get Brexit done" figure en grosses lettres sur son bus de campagne, qui promettait en 2016 de récupérer l’argent de l’Union européenne pour financer le NHS.

Trois ans plus tard, il est plus que jamais question des services de santé, mais avec les Tories dans le mauvais rôle cette fois.

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