Accord sur la transition du Brexit, mais pas encore sur l'Irlande

Michel Barnier (à droite) et David Davis ont montré l'état d'avancement du projet d'accord. En vert, les points approuvés par les Européens et les Britanniques. ©EPA

Après les intenses négociations qui ont eu lieu au cours du week-end, un accord qui mettra fin à la période de transition post-Brexit le 31 décembre 2020 est sur la table. Il semble toutefois plus difficile de trouver une solution à la question irlandaise.

A quatre jours du Sommet européen de ce jeudi, les discussions entourant le Brexit ont franchi une nouvelle étape. Une réunion d'urgence des diplomates des Vingt-Sept en charge des discussions sur le divorce a été convoquée ce lundi par les négociateurs pour acter un projet de traité.

"Une large partie" de l'accord en poche 

"Il pourrait y avoir un accord", avait d'abord déclaré un diplomate européen en début de journée. Information confirmée peu après 13 heures par Michel Barnier, le chef des négociateurs européens. Selon le Français, l'accord trouvé sur la période de transition permet au Royaume-Uni d'accomplir sa sortie de l'Union européenne le 31 décembre 2020

Michel Barnier, le négociateur en chef de l'UE pour le Brexit ©EPA

Les tractations ont également bien avancé sur la question des droits des expatriés. Un accord complet sur ce dossier est bouclé, selon Michel Barnier, qui précise aussi que les deux parties se sont entendues sur un important volet financier.

Le patronat britannique a également salué cet accord (lire encadré, ci-dessous). Après les déclarations de Michel Barnier, la livre sterling a largement augmenté ses gains face au dollar et à l'euro .

Le nœud irlandais

En revanche, les négociateurs ne sont pas parvenus à régler l'ensemble des détails concernant la frontière irlandaise. Une option évitant le rétablissement d'une frontière physique entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord est toujours privilégiée par les Européens et les Britanniques, mais il est difficile de s'accorder sur tous les détails, ressort-il des coulisses de la tractation.

On ne sait d'ailleurs toujours pas si les dirigeants européens réunis cette semaine en sommet à Bruxelles vont, comme le souhaite Londres, approuver le texte définitif sur la transition vendredi. L'Irlande réclame des engagements de la part des Britanniques afin qu'ils acceptent si nécessaire l'option dite "backstop" qui placerait l'Irlande du Nord à l'intérieur de l'espace économique européen, une solution qui évite de rétablir une frontière physique.

Pas question pour le gouvernement de Theresa May qui soutient jusqu'ici qu'une telle option est totalement inacceptable. Pour Michel Barnier, l'option dite "backstop" s'appliquerait sauf si une meilleure solution était trouvée.

Des entreprises britanniques soulagées

L'accord de transition annoncé ce lundi va permettre aux entreprises britanniques d'aller de l'avant en matière d'investissements et d'embauches, a réagi la Chambre britannique de Commerce. "Même si certaines entreprises auraient aimé disposer de garanties juridiques en béton pour cette transition, l'accord politique conclu à Bruxelles est suffisant pour que la plupart des entreprises puissent élaborer des projets avec de plus grandes certitudes", a indiqué Adam Marshall, directeur général de la Chambre britannique de Commerce. "De nombreuses entreprises vont désormais disposer de la visibilité dont elles ont besoin pour leurs stratégies d'investissements et d'embauches qui, sinon, seraient restées remises en cause."



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