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Barnier s'en prend à Londres, qui refuse d'avancer sur les négociations du Brexit

Le négociateur européen Michel Barnier s'en prend à Londres pour l'absence de progrès dans les négociations sur la relation future entre le Royaume-Uni et l'UE après le Brexit. ©AFP

Le négociateur européen Michel Barnier reproche aux Britanniques de ralentir les négociations en cours sur la relation future entre l'UE et le Royaume-Uni, alors qu'il ne reste que huit mois pour finaliser cet important accord.

"The clock is ticking (l'horloge tourne)", a rappelé vendredi Michel Barnier, le négociateur en chef du Brexit pour l'Union européenne, s'adressant directement à Londres lors d'une conférence de presse. L'Union européenne n'a constaté aucun progrès, cette semaine, lors du deuxième round de négociations de l'accord sur sa relation future avec le Royaume-Uni. Ces négociations avaient été suspendues en raison de la pandémie de Covid-19. Or, il ne reste que huit mois pour finaliser cet important traité touchant de multiples matières, le Brexit prenant effet le 1er janvier 2021.

"Va-t-on trouver un accord? C'est être réaliste que de se poser la question."
Michel Barnier
Négociateur en chef de l'UE pour le Brexit

"Jamais dans l'histoire de l'Union européenne l'Europe n'a négocié un tel accord dans un temps aussi court", a lancé Michel Barnier. "Va-t-on trouver un accord? C'est être réaliste que de se poser la question", a-t-il ajouté, brandissant le spectre d'un Brexit sans accord sur la relation future. Au passage, Michel Barnier a souhaité un "bon rétablissement" au Premier ministre britannique, Boris Johnson, en convalescence après avoir été atteint du Covid-19.

"Les négociations n'avancent plus"

Le négociateur européen est inquiet du ralentissement des négociations sur plusieurs points essentiels. "Le Royaume-Uni ne peut refuser une prolongation de la période de transition et, en même temps, ralentir les progrès dans certains domaines", a-t-il dit. Selon une source européenne, en réalité, "les négociations n'avancent plus", la pandémie de Covid-19 ayant pris le dessus sur la question du Brexit.

Comme dans toute négociation, la maîtrise du temps est un élément fondamental. La période de transition pourrait être prolongée d'un an, pour autant que cette décision soit prise avant le 1er juillet prochain. Mais Boris Johnson refuse d'en entendre parler. Michel Barnier n'a pu révéler en détail l'état d'avancement des pourparlers, Londres ayant exigé la confidentialité sur les textes. Mais il a pointé plusieurs domaines en souffrance.

Londres exige toujours une négociation sur les différentes matières définissant la relation future (commerce, pêche, lutte contre la criminalité), tandis que l'Union européenne souhaite une négociation globale. "L'objectif d'avancer vers des progrès tangibles sur tous les sujets en parallèle n'a été que très partiellement atteint", a-t-il expliqué. "Le Royaume-Uni n'a pas voulu s'engager sérieusement sur un certain nombre de points fondamentaux qui figurent pourtant dans la déclaration politique jointe au traité de retrait."

"Le Royaume-Uni n'a pas voulu s'engager sérieusement sur un certain nombre de points fondamentaux."
Michel Barnier

Les négociations sur le "level playing field", garantissant que les entreprises soient traitées de la même manière sur un marché, n'avancent pas suffisamment, selon le Français. Il faut "éviter les avantages concurrentiels injustifiés", a-t-il insisté.  Il en est de même pour la définition des "valeurs communes" qui seront incluses dans les traités internationaux, l'allusion à la Convention européenne des droits de l'homme et la reconnaissance de la cour de justice de l'UE lorsqu'il s'agit de l'interprétation de normes européennes.

La négociation sur la coopération en matière d'affaires criminelles est aussi en suspens, entre autres sur la question de la garantie des libertés individuelles. L'accord sur la pêche, un secteur clé pour l'Europe, ne connaît pas, non plus, la moindre avancée. "S'il n'y a pas d'accord sur la pêche, il n'y aura pas d'accord commercial", a averti le négociateur européen. Michel Barnier a appelé Londres à utiliser les deux derniers rounds de négociations restant avant le 30 juin pour "faire des progrès tangibles".

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