Boris Johnson agite à nouveau le spectre d'un Brexit dur

Pour le Premier ministre britannique Boris Johnson, "ça n'a pas de sens de penser à des échéances qui iraient au-delà" du 15 octobre pour arriver à un accord avec l'UE. ©REUTERS

Le 15 octobre: c'est l'ultimatum brandi par le Premier ministre britannique Boris Johnson aux négociateurs européens pour parvenir à un accord sur le Brexit.

Le discours de Boris Johnson est attendu ce lundi en journée, mais son message principal a déjà été distillé dans les médias: le Royaume-Uni veut un accord pour le 15 octobre prochain, prévu pour entrer en vigueur fin 2020, ou ce sera le Brexit dur (sans accord).

"Si nous n'arrivons pas à nous accorder d'ici là, je ne vois pas d'accord de libre-échange entre nous"
Boris Johnson
Premier ministre britannique

À l'aube de l'ouverture de la huitième séance de pourparlers avec l'Union européenne (UE), Londres met un nouveau coup de pression sur les négociations, destiné à assouplir les positions européennes. Pour le Premier ministre conservateur britannique, ce nouveau round constitue la "phase finale" des négociations. Message: ce sera un accord pour le 15 octobre ou pas d'accord du tout.

"L'UE a été très claire au sujet du calendrier. Moi aussi. Il doit y avoir un accord avec nos amis européens d'ici au Conseil européen le 15 octobre pour qu'il entre en vigueur d'ici à la fin de l'année", à la fin de la période de transition après le Brexit, souligne Boris Johnson. "Ça n'a pas de sens de penser à des échéances qui iraient au-delà", estime-t-il. "Si nous n'arrivons pas à nous accorder d'ici là, je ne vois pas d'accord de libre-échange entre nous".

"Aucune volonté"

Les négociations butent notamment sur la pêche et les conditions de concurrence équitable.

David Frost, négociateur en chef britannique. ©REUTERS

Pour les Britanniques, l'UE tente de maintenir le Royaume-Uni dans une relation de dépendance vis-à-vis des 27. "Nous n'allons pas accepter des clauses qui leur donneraient le contrôle sur notre monnaie, ou sur notre façon d'organiser les choses ici au Royaume-Uni, et ça ne devrait pas être sujet à polémique", a prévenu ce weekend le négociateur britannique David Frost.

Londres veut-il l'échec des négociations?

Côté européen, on doute de la bonne volonté du gouvernement Johnson (composé de Brexiters durs) de parvenir à un accord. Pour le négociateur en chef européen Michel Barnier, "le Royaume-Uni n'a montré aucune volonté de rechercher des compromis" et utilise le dossier de la pêche comme "monnaie d'échange" dans les négociations, selon lui. Or sans accord sur la pêche, il n'y aura pas d'accord du tout, disent les Européens.

Boris Johnson a d'ailleurs loué un tel scénario: si aucun accord n'est trouvé, la Grande Bretagne aurait "un accord commercial avec l'UE comme celui de l'Australie", largement moins vaste, mais cela représenterait néanmoins "une bonne issue pour le Royaume-Uni", qui prépare ses infrastructures douanières et portuaires à un tel scénario, a d'ailleurs affirmé M. Johnson.

"Le Royaume-Uni n'a montré aucune volonté de rechercher des compromis."
Michel Barnier
Chef des négociateurs européens pour le Brexit.

Côté européen, on estime qu'un accord doit être trouvé pour la fin octobre, afin d'en permettre la ratification dans les temps. Faute d'accord avant le 31 décembre, les seules règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), avec leurs droits de douane élevés et leurs contrôles douaniers poussés, s'appliqueraient. De quoi affaiblir encore des économies déjà frappées de plein fouet par la pandémie.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité