Boris Johnson discute avec les membres de l'UE...qu'il veut quitter

Le secrétaire au Foreign Office se rend lundi à la réunion mensuelle des 28 ministres de l'UE. ©AFP

L'eurosceptique britannique Boris Johnson fait ce lundi ses premiers pas sur la scène diplomatique européenne en tant que ministre des Affaires étrangères. A Bruxelles, il a tenu à souligner que le Royaume-Uni n'entend pas abandonner son rôle dirigeant en Europe.

Les débuts agités de Boris Johnson à la tête de la diplomatie britannique se poursuivent: l'avion dans lequel il se rendait dimanche à Bruxelles pour rencontrer ses homologues européens a dû atterrir en urgence près de Londres.

 "Il y a eu un problème technique sur le jet de la Royal Air Force (RAF) dimanche après-midi entre Londres et Bruxelles, à bord duquel se trouvaient le ministre des Affaires étrangères et des responsables du ministère, obligeant l'avion à atterrir à l'aéroport de Luton", a déclaré un porte-parole du ministère.

"Après un léger retard, le ministre a continué sa route vers Bruxelles par d'autres moyens", a-t-il ajouté. Le jet BAE 146 a eu un problème de système hydraulique. Les pompiers ont été déployés quand l'avion a atterri à l'aéroport au nord de Londres, rapporte le quotidien The Guardian

A peine nommé, le nouveau chef de la diplomatie britannique, Boris Johnson, avait été contesté pour ses approximations et ses boutades de mauvais goût. Mais le "chantre" du Brexit", a tenté jeudi dernier de rassurer ses interlocuteurs européens en déclarant que quitter l’Union européenne "ne signifie pas quitter l’Europe". 

©AFP

L'ancien maire conservateur de Londres devait d'abord être reçu dimanche soir par la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini "pour un premier contact" à l'occasion d'un dîner privé, avant sa rencontre avec ses pairs européens lundi à l'occasion de leur réunion mensuelle. Les 28 ministres européens des Affaires étrangères s'aprêtent à accueillir leur nouveau collègue britannique dans un climat de crise en Europe aggravé par le terrorisme et l'instabilité en Turquie. 

Lors de sa toute première sortie en tant que ministre des Affaires étrangères, jeudi à l'ambassade de France à Londres pour la réception du 14 juillet, où il a tenu à chanter la Marseillaise et "rassurer" sur son amour de l'Europe, Boris Johnson a prononcé un discours autant hué qu'applaudi.   

©AFP

Un dialogue inévitable

Le nouveau secrétaire au Foreign Office, dont la nomination a été vivement critiquée, est attendu avec autant de curiosoté que d'appréhension à Bruxelles. Boris Johnson connait bien la capitale européenne pour y avoir été un journaliste en vue au début des années 1990. Correspondant du Daily Telegraph, "BoJo" avait contribué à nourrir l'euroscepticisme caché des Britanniques. Federica Mogherini, qui dirige la diplomatie européenne, s'est dite "prête à coopérer" avec lui "comme avec tout autre ministre des Affaires étrangères", a assuré son entourage.

Lors de sa première semaine en poste, le nouveau chef de la diplomatie britannique a réagit à l'attentat de Nice, dans le sud de la France, et à la tentative de coup d'Etat en Turquie.

Pas de Brexit au menu 

L'ex-maire conservateur de Londres présentera aujourd'hui en début de matinée son premier "doorstep". Par contre, le dîner prévu ce même jour avec ses pairs européens pour parler du retrait du Royaume-Uni du giron européen a été annulé.

Plusieurs capitales se sont opposées à cette rencontre, jugeant qu'il reviendrai à démarrer des "négociations informelles" avec le Royaume-Uni avant même que son gouvernement n'ait "officiellement notifié à l'UE sa volonté" de déclencher la clause de divorce prévue par l'article 50 du Traité de Lisbonne. Depuis le référendum du 23 juin, les Européens pressent la Première ministre britannique Theresa May à "clarifier" ses intentions et accélerer les discussions avec l'Union européenne. Le Royaume-Uni se remet au 1er janvier 2019 pour sa sortie effective du bloc. Les négociations s'annoncent très compliquées.

"En aucun cas, nous n'allons abandonner notre rôle dirigeant en Europe", a assuré Boris Johnson aux journalistes à son arrivée au conseil des Affaires étrangères de l'UE à Bruxelles. 

Federica Mogherini, à la tête de la diplomatie européenne, a indiqué de son côté,  avoir engagé un "bon échange sur les principales questions à l'ordre du jour" avec le nouveau chef de la diplomatie britannique. 

Il serait intéressant d'entendre quelqu'un qui a soutenu (sous entendre Boris Johnson) à ce point la volonté de sortie de l'Union européenne, de voir comment il envisage la suite.
Didier Reynders
Ministre des affaires étrangères

Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, est moins abrupt. Il a déclaré que le conseil de lundi devrait permettre de "tenter d'avoir une réponse sur le moment qui sera choisi par les Britanniques pour déclencher l'article 50". 

©EPA

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés