Boris Johnson continue de dominer la course au leadership tory

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L’ancien leader de la campagne du Leave sort largement en tête du second vote interne, qui voit le Brexiter dur Dominic Raab être éliminé prématurément.

Dominic Raab était un "puriste" du Brexit, et les observateurs ne le voyaient pas sortir de la course aussi rapidement. Les eurosceptiques durs perdent pourtant celui qui était, avec Boris Johnson, le meilleur représentant de leurs idées. Arrivé dernier du nouveau scrutin interne ouvert aux députés tory, l’ancien ministre du Brexit voulait voir le Royaume-Uni sortir de l’Union européenne le 31 octobre, coûte que coûte.

Il se disait même prêt à mettre fin prématurément à la session parlementaire pour éviter que les députés ne rejettent le no deal, comme ils l’ont fait à plusieurs reprises cet hiver… Cette élimination est paradoxalement une bonne nouvelle pour Boris Johnson, qui est plus que jamais assuré de sécuriser sa place de finaliste face aux quatre autres prétendants (les deux Brexiters modérés Michael Gove et Sajid David, et les deux remainers Jeremy Hunt et Rory Stewart).

La révélation Stewart

Dans le détail, Boris Johnson a rassemblé 40% des voix des 313 députés conservateurs - il avait obtenu 114 voix lors du premier tour organisé jeudi dernier - , devant Jeremy Hunt (15%), Michael Gove (13%), Rory Stewart (12%), Sajid Javid (11%) et Dominic Raab (10%). Rory Stewart, qui est le plus proeuropéen des candidats, a la meilleure dynamique de campagne et s’impose comme la vraie voix des remainers.

Selon un sondage, si Johnson était désigné Premier ministre, les électeurs offriraient une large majorité au parti tory en cas d’élections générales anticipées.

Mais il part de très loin, et ne semble pas être en mesure de rassurer les 160.000 membres du parti tory, qui seront appelés à choisir entre les deux derniers candidats à partir de samedi, et jusqu’au 22 juillet. En effet, la priorité n’est plus vraiment de finaliser le Brexit, ou de choisir entre un Brexit dur et un Brexit soft, mais bien de contrer la montée en puissance spectaculaire du parti du Brexit.

Les cinq derniers candidats s’accordent à dire que l’existence du parti tory sera menacée en cas d’annulation du Brexit et/ou d’élections générales, les eurosceptiques étant amenés à reporter leurs espoirs sur le parti de Nigel Farage. Le charisme - ou la grossièreté - de Boris Johnson, est par ailleurs considéré par beaucoup comme le meilleur remède contre le populisme.

Johnson est donc de plus en plus vu comme le "sauveur" du parti tory. Un récent sondage montre que s’il était désigné Premier ministre, les électeurs sembleraient décidés à offrir une large majorité au parti tory en cas d’élections générales anticipées. Avec les autres candidats dans le rôle de Premier ministre, le parti tory arriverait systématiquement derrière au moins deux des trois autres grands partis (Labour, LibDem, Parti du Brexit).

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