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Brexit: Barnier a proposé de prolonger d'un an la période de transition

©REUTERS

Pour sortir du blocage dans lequel sont les négociations du Brexit, les Vingt-Sept comptent sur les "propositions concrètes" de Theresa May, qui s’exprimera devant eux ce mercredi soir.

Le sommet européen de ce mercredi peut-il débloquer l’impasse dans laquelle se trouvent les négociateurs du Brexit? La balle est dans le camp britannique, considèrent les Vingt-Sept. "Pour qu’une percée ait lieu, en plus de la bonne volonté, il faut des faits nouveaux, a indiqué mardi lors d’une conférence de presse le président du Conseil, Donald Tusk. (Mercredi), je vais demander à la Première ministre Theresa May si elle a des propositions concrètes pour pouvoir sortir de l’impasse."

La cheffe du gouvernement britannique devrait faire une (courte) intervention devant les Vingt-Sept, ce soir, avant un dîner au cours duquel le négociateur européen Michel Barnier devra débriefer les dirigeants.

Ce dernier a déjà indiqué qu’il faudrait du temps pour conclure. De passage à Luxembourg, où il faisait l’état des lieux avec les ministres européens des Affaires européennes, il a indiqué: "Nous allons prendre ce temps calmement, sérieusement, pour trouver cet accord global dans les prochaines semaines", a-t-il expliqué. Un sommet extraordinaire en novembre reste possible, mais la perspective d’une conclusion de dernière limite en décembre est considérée comme crédible par des observateurs avisés. Pour l’heure, c’est à Londres que se déroule la négociation. Et il n’est pas évident que Theresa May puisse faire un pas en direction des Européens avant de faire passer son budget à Westminster, début novembre.

Ce mercredi, des diplomates ont indiqué que Barnier a proposé de prolonger d'un an la période de transition.

Créativité et soutien

Donald Tusk en a appelé à "une nouvelle manière de penser". Qui est peut-être déjà sur la table, à entendre le ministre belge des Affaires étrangères. Selon Didier Reynders (MR), des solutions "imaginatives" ont été posées sur la table avant que Dominic Raab et Michel Barnier ne fassent le constat d’un blocage. "On dispose d’une solution techniquement réalisable", a ajouté le ministre en marge du Conseil de Luxembourg.

Il a par ailleurs souligné que le Conseil devrait se montrer solidaire envers les pays qui seront les plus touchés par le divorce. "Quel que soit le type de Brexit, il y aura un impact qu’il faudra calculer", a-t-il dit.

Le principal point de blocage porte sur la manière d’éviter le retour d’une frontière physique entre l’Irlande, européenne, et l’Irlande du Nord, britannique.

Jean-Claude Juncker et Theresa May ©REUTERS

La pression monte à l’approche de la date fatidique du 29 mars, à laquelle l’accord éventuellement conclu devra avoir été ratifié par les parlements. C’est précisément cette pression qui peut débloquer les négociations, mais cela n’efface pas le risque d’un Brexit sans accord, assure-t-on de toutes parts. Donald Tusk l’a souligné lundi, d’autres le répétaient mardi. Ainsi selon Didier Reynders, les Vingt-Sept sont "réalistes et préparent aussi l’hypothèse du no deal".

La migration, l’autre enjeu du sommet

Après avoir discuté la veille du Brexit, les dirigeants européens se réuniront jeudi lors d’un sommet "ordinaire" pour parler migration, sécurité et relations extérieures. Au cours du déjeuner, lors d’un sommet de la zone euro élargi à 27, ils aborderont la réforme de l’Union économique et monétaire, l’objectif étant d’engranger des progrès substantiels "d’ici la fin de l’année". Jeudi soir et vendredi, les Européens rencontreront les leaders de 21 pays asiatiques lors d’un sommet ASEM.

La question migratoire continue à alimenter les divisions entre les États, les pays de l’est refusant de prendre en charge leur part de migrants, tandis qu’un "axe" entre l’Autriche et l’Italie cherche à faire de la question migratoire une priorité, malgré la fin de la crise et le recul des arrivées sur le territoire européen.

Le chancelier autrichien Sebastian Kurz (ÖVP, PPE), dont le pays exerce la présidence de l’UE, plaidera pour intégrer dans les conclusions du Conseil une "intensification de la lutte contre les réseaux de passeurs", en plus de maintenir les frontières européennes fermées.

M. Kurz débriefera ses homologues sur les progrès réalisés depuis le sommet de juin, qui fut marqué par une grave crise déclenchée par l’Italie sur les migrations. Peu d’avancées ont été enregistrées dans la création des fameux "centres contrôlés" dans l’UE et de "plateformes de débarquement" dans les pays tiers pour séparer les migrants économiques des réfugiés.

Les Vingt-Sept devraient "envoyer un message fort sur la lutte contre les réseaux de passeurs, la protection de nos frontières extérieures", dit le président du Conseil européen Donald Tusk dans sa lettre d’invitation au sommet. Il insiste sur la "coopération avec les pays d’origine et de transit". Sur ce point aussi, des zones d’ombre subsistent (voir ci-contre).

Sur le front de la sécurité intérieure, les dirigeants s’engageront à "renforcer la résilience" de l’UE, en particulier "en cybersécurité". Il sera question de l’attaque menée contre l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) à La Haye. La Russie n’est pas citée dans le texte, mais tous les regards sont tournés vers Moscou.

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