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Brexit: "Ce deal devrait faire gagner 0,5% à l’économie belge"

L'accord commercial écarte le risque de tarifs ou de quotas douaniers sur les échanges entre l'Union européenne et le Royaume-Uni. ©BLOOMBERG NEWS

L'accord commercial autour du Brexit devrait amener la Banque nationale à relever ses prévisions de croissance pour l'économie belge de 0,5% sur deux ans.

Ce n'est encore qu'une première estimation qui demande à être affinée, une fois l'accord totalement digéré et une fois fixés les autres accords encore à trouver. Mais Geert Langenus, macroéconomiste à la Banque nationale (BNB), nous livre une première estimation chiffrée positive de l'impact sur l'économie belge du deal commercial atteint jeudi autour du Brexit.

"Les incertitudes restent nombreuses, mais, de façon globale, nous pouvons estimer que cet accord devrait nous permettre de relever de 0,5% nos prévisions de croissance pour l'économie belge au cours des deux prochaines années, soit un relèvement du produit intérieur brut de l'ordre de 0,3% en 2021, puis de 0,2% en 2022", indique-t-il.

+0,5%
l'impact du deal
L'accord commercial autour du Brexit devrait amener la Banque nationale à relever ses prévisions de croissance pour l'économie belge de 0,5% sur deux ans.

Il y a dix jours, la BNB a actualisé ces projections économiques, tablant sur une croissance de 3,5% en 2021 et 3,1% en 2022. Ce scénario de base postulait notamment, élément majeur, une sortie de la crise sanitaire au cours de l'année 2021, mais également un Brexit sans accord. Le scénario du no-deal n'étant plus de mise, la machine économique devrait donc tourner mieux qu'estimé à ce stade, et pourrait progresser de l'ordre de 3,8% en 2021 puis de 3,3% en 2022.

Cela dit, Geert Langenus insiste: "Beaucoup de questions restent largement ouvertes. Il est d'ailleurs un peu étonnant que l'on ait passé autant de temps sur des questions comme celle de la pêche, alors que des pans plus importants de l'économie sont encore en négociation, je pense par exemple aux services et en particulier aux services financiers."

Mais soit, l'économiste retient surtout de cet accord du 24 décembre qu'"il témoigne d'une volonté de se considérer mutuellement comme des partenaires privilégiés. C'est un grand soulagement" même si, ajoute-t-il, un Brexit même régulé affectera la croissance belge et européenne. Une sortie de l'UE ne se fait pas sans casse...

"On a manifestement voulu éviter une guerre commerciale. C'est très important pour nos entreprises exportatrices."
Geert Langenus
Macroéconomiste - Banque nationale

"Oui, ce Brexit aura un impact sur les entreprises belges qui traitent avec le Royaume-Uni, du fait des procédures douanières et administratives", poursuit Geert Langenus. "Mais cet accord va plus loin qu'un simple accord de libre-échange, notamment du fait des mécanismes d'arbitrage prévus pour garantir une concurrence loyale. On a manifestement voulu éviter la logique de guerre commerciale. C'est au contraire une logique de collaboration qui prévaut, et c'est très important pour nos entreprises exportatrices."

Selon la BNB, près de 55.000 entreprises belges traitent directement avec le Royaume-Uni, parmi lesquelles 13.500 exportent outre-Manche.

Les fédérations soulagées

Dès jeudi soir, La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) s'est dite "soulagée" et s'est réjouie de l'accord commercial annoncé entre l'Union européenne et le Royaume-Uni. De nombreux changements interviendront pour les entreprises belges, et la fédération appelle donc à des mesures de soutien "appropriées" pour les secteurs les plus touchés.

2,2 milliards €
tarifs douaniers évités
Selon la FEB, l'absence d'accord commercial aurait entraîné l'application des tarifs de l'Organisation mondiale du commerce à hauteur de 2,2 milliards d'euros par an entre le Royaume-Uni et la Belgique.

La FEB se félicite tout particulièrement que l'accord écarte le risque de l'introduction de tarifs ou de quotas douaniers sur les échanges entre l'UE, et donc la Belgique, et le Royaume-Uni. Il s'agit d'une bonne nouvelle pour les entreprises belges, car le Royaume-Uni "est l'un de nos plus importants partenaires commerciaux", rappelle la fédération.

L'absence d'accord commercial aurait entraîné l'application des tarifs de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), à hauteur de 2,2 milliards d'euros par an, dont 1,6 milliard sur les exportations belges vers le Royaume-Uni et 0,6 milliard sur les importations en Belgique, chiffre la FEB.

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