Brexit: l'UE menace de bloquer les équivalences financières

Valdis Dombrovskis, le vice-président de la Commission européenne. ©REUTERS

La septième session de négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l'Union européenne (UE) se tient cette semaine. Elle représente l'une des dernières possibilités d'accord avant la fin de la période de transition, prévue le 31 décembre.

Nul ne sait si, dans un monde sans Brexit, le Royaume-Uni aurait imposé une nouvelle quarantaine aux passagers en provenance de la Belgique, de l'Espagne et de la France, dans le cadre de la lutte contre le coronavirus.

Paradoxalement, dans le même temps, Boris Johnson a décidé de passer à la dernière étape du déconfinement, en autorisant notamment les salles de concerts et de théâtre à réouvrir. Cela suggère que le précautionnisme vis-à-vis des pays frontaliers a une dimension très politique. Surtout avant la septième session de négociations commerciales avec l'Union européenne, qui débute ce mardi.

"La City de Londres pourrait devoir attendre au-delà de la fin de cette année pour savoir si elle pourra accéder aux droits de l'ensemble du marché européen."
Valdis Dombrovskis
Vice-président de la Commission européenne

Les deux parties se sont quittées il y a trois semaines sur une situation de blocage persistant, concernant un certain nombre de sujets, au premier rang desquels la pêche, la cour de justice et les règles concurrentielles. Deux autres sessions de négociations seront prévues au mois de septembre, avec une obligation d'accord d'ici là pour éviter le rétablissement des tarifs douaniers et beaucoup de tracasseries administratives pour les entreprises, dans un contexte post-pandémique qui sera déjà tortueux en soi. L'ancien secrétaire d'État au Brexit, David Davis, a émis des doutes sur la possibilité de réaliser un tel accord en si peu de temps avec seulement 50 hauts fonctionnaires travaillant à temps plein sur les négociations.

Depuis le printemps, les Britanniques jouent sur le point faible des Européens: la pêche. Des Européens qui connaissent le talon d'Achille de Boris Johnson: l'accès au marché européen des firmes de la City. Le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, a indiqué dans le Financial Times que l'Union européenne (UE) risquait de ne pas pouvoir accorder les équivalences au Royaume-Uni à temps pour permettre à ses firmes d'opérer librement dans les 27 pays de l'Union, comme elle pouvait le faire jusqu'à présent, grâce au passeport financier accordé à chaque pays membre.

La pression est douce et très diplomatique, mais rappelle où se situe le vrai rapport de forces depuis le début des négociations: les eaux territoriales britanniques en échange des marchés financiers européens.

"La City de Londres pourrait devoir attendre au-delà de la fin de cette année pour savoir si elle pourra accéder aux droits de l'ensemble du marché européen", a expliqué Valdis Dombrovskis. "Dans certains domaines, nous ne serons pas en position d'adopter des décisions relatives aux équivalences. Tous les paramètres ne sont pas en place." Un tel délai, au-delà du 31 décembre, bloquerait les activités européennes des firmes de la City, et obligerait le Royaume-Uni à négocier au cas par cas avec chaque pays de l'UE.

La pression est douce et très diplomatique, mais rappelle où se situe le vrai rapport de forces depuis le début des négociations: les eaux territoriales britanniques en échange des marchés financiers européens.

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