Brexit: toujours pas d'accord commercial en vue

Le négociateur britannique David Frost aux côtés de Michel Barnier. ©REUTERS

Le Royaume-Uni et l'UE ont terminé le sixième round de négociations sans avancées notables. Les Britanniques affirment encore croire à un accord en septembre.

Un jour sans fin? Pas exactement. Dans la longue histoire des négociations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, celles d'abord relatives à l'accord de retrait jusqu'à janvier 2020, puis celles sur les prochains accords commerciaux depuis six mois, les deux parties ont parfois échangé leurs rôles.

Cette semaine, c'est au tour du Royaume-Uni d'insister sur l'idée que malgré les blocages persistants dans les négociations, "un accord pourra encore être trouvé en septembre", et qu'il faut encore "continuer de négocier avec cette objectif à l'esprit", comme l'a indiqué le négociateur britannique, David Frost.

Un ton plus conciliant qu'il pouvait l'être au début des négociations formelles, au printemps. Mais un ton qui ne change rien à la position officielle des Britanniques, qui ne font toujours aucune concession – sur la pêche notamment – et se préparent officiellement au no deal après le 31 décembre.

La sincérité des négociateurs britanniques reste sujette à caution.

La sincérité des négociateurs britanniques reste sujette à caution. Difficile d'oublier que Boris Johnson a décidé de reporter de quelques mois le contrôle des biens aux frontières après avoir insisté sur le fait que le Royaume-Uni n'accepterait pas d'extension, y compris si aucun accord n'est trouvé. Paradoxalement, l'UE a affirmé son refus de reporter le contrôle des marchandises alors qu'elle était auparavant, de son côté, demandeuse d'une extension de la période de transition.

Au-delà des fausses déclarations d'intentions, les blocages importants demeurent. Et ils ne sont pas anodins, puisqu'ils concernent d'un côté la préservation de "l'esprit du Brexit", de l'autre les intérêts vitaux de l'Union européenne.

Jeudi à Londres, Michel Barnier a regretté que les Britanniques n'aient pas tenu les engagements formulés selon lui dans la déclaration politique signée en marge de l'accord de retrait, l'automne dernier.

Michel Barnier a rappelé que les trois "lignes rouges" de Boris Johnson restaient difficiles à intégrer dans le cadre fixé en octobre dernier.

Le négociateur en chef de l'Union européenne a rappelé que les trois "lignes rouges" de Boris Johnson restaient difficiles à intégrer dans le cadre fixé en octobre dernier. Ces lignes rouges sont l'absence de pouvoir de la cour de justice européenne au Royaume-Uni, le droit de créer des lois sans restriction et un accord sur la pêche qui montre qu'il y aura un avant et un après Brexit pour les professionnels du secteur.

L'Union européenne continue d'exiger que le Royaume-Uni respectera les principes concurrentiels, notamment sur les aides d'État et les normes, et le maintien des intérêts des États membres sur la pêche.

Les questions relatives à la pêche ressemblent davantage à une posture de négociations qu'à un véritable blocage. Le respect des principes concurrentiels et des normes sera autrement plus complexe à justifier pour Boris Johnson. Sur ces points, le Royaume-Uni affirme déjà se projeter sur l'application des règles de l'OMC, qui seront applicables en cas de confirmation du blocage.

Les négociateurs des deux parties se réuniront de nouveau à Londres la semaine prochaine, pour des discussions informelles. La prochaine session cruciale aura lieu dans la semaine du 17 août.

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