Theresa May confrontée à des menaces de démission de ses ministres

©AFP

La Première ministre britannique, Theresa May, a informé son cabinet restreint de l'imminence de la conclusion d'un accord sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Le gouvernement britannique navigue encore en pleines turbulences. Il a écarté les menaces du petit parti unioniste nord-irlandais DUP, indispensable à sa majorité au parlement,mais est confronté à des menaces de démission de certains de ses ministres...

Le DUP a lancé qu'il pourrait lui retirer son soutien en fonction du sort réservé à l'Irlande du Nord dans les négociations du Brexit. La question de la frontière entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande est en effet l'un des principaux points sur lesquels des progrès sont attendus d'ici au conseil européen du 18 octobre.

Dans l'après-midi jeudi, la Première ministre Theresa May a réuni ses principaux ministres pour leur faire part de l'état d'avancement des discussions en cours entre Londres et Bruxelles. Elle les aurait ainsi informés qu'un accord était proche, selon le Financial Times. Selon le quotidien The Daily Telegraph, elle leur aurait exposé une proposition prévoyant le maintien du Royaume-Uni dans une union douanière avec l'UE jusqu'à ce qu'un accord puisse être trouvé sur leur future relation commerciale, même après une période de transition post-Brexit censée s'achever fin décembre 2020. Une manière notamment de résoudre le casse-tête de la frontière entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande voisine, membre de l'UE, et d'éviter le rétablissement d'une délimitation physique après le Brexit, une semaine avant un sommet crucial à Bruxelles.

♦  Menaces de démission. Des membres du gouvernement pro-Brexit craignent que cette proposition ne puisse devenir permanente, une perspective qu'ils jugent inacceptable car elle empêcherait le Royaume-Uni de conclure des accords commerciaux avec des pays tiers après le Brexit. Un ou plusieurs d'entre eux auraient menacé de démissionner...

♦ Que craint le DUP? La décision de Londres de quitter l'Union européenne va imposer des contrôles administratifs pour les marchandises entre la Grande-Bretagne et l'Irlande du Nord, avait affirmé mercredi à Bruxelles le négociateur de l'UE Michel Barnier, une perspective inacceptable pour le DUP. La solution européenne maintiendrait l'Irlande du Nord dans l'union douanière, pour éviter le retour d'une frontière physique avec la république d'Irlande voisine, et la province britannique continuerait à être alignée sur les règles du marché unique européen.

Dans ce cas, "le commerce de la Grande-Bretagne vers l'Irlande du Nord serait menacé de restrictions", a déploré jeudi la cheffe du DUP, Arlene Foster.

Ce scénario ne reprend pas "le meilleur des deux systèmes, mais le pire d'un seul", a-t-elle ajouté, estimant que le gouvernement "ne pouvait pas, en toute conscience, recommander un accord qui place une barrière commerciale" entre les différentes parties du Royaume-Uni.

Si la Première ministre accepte les "demandes draconiennes de l'UE", elle s'expose à une "défaite parlementaire", avait alors prévenu le porte-parole du DUP chargé du Brexit, Sammy Wilson.


Quels sont les risques en cas de blocage du DUP?
La majorité absolue du gouvernement conservateur de Theresa May au Parlement repose sur les dix députés du DUP. Si ces députés votent contre le budget du gouvernement, qui doit être présenté au Parlement le 29 octobre, cela pourrait déclencher un vote de confiance qui, s'il est perdu, pourrait aboutir à des élections anticipées.

Premier coup de semonce, le DUP s'est abstenu de voter mercredi soir contre un amendement du Parti travailliste à la loi Agriculture, qui a toutefois été rejeté.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content