Brexit: un accord sur la relation future est "fort peu probable en huit mois" (PwC)

Le Premier ministre britannique Boris Johnson ©AFP

La Commission européenne présentera lundi son mandat de négociation de la relation future entre l'UE et le Royaume-Uni. Michel Barnier en a déjà donné les grandes lignes aux 27 ambassadeurs des États de l'UE.

Une fois le Royaume-Uni sorti de l'Union européenne, la partie la plus difficile du Brexit commencera: la négociation de leur relation future. 

Les Britanniques veulent conclure rapidement. "C'est une stratégie de Boris Johnson, il veut aller vite, il a des avis très tranchés, il prend position et renvoie la balle", dit Lionel Van Reet, spécialiste du Brexit au cabinet Price Waterhouse Coopers.

Les négociations doivent avoir lieu durant la période de transition qui s'étale jusqu'au 31 décembre 2020. En réalité, elles devront se terminer pour le Conseil européen du 15 octobre si l'on veut que les instances européennes aient le temps d'approuver l'accord... ce qui laisse sept à huit mois aux négociateurs La période de transition pourrait être prolongée d'un an ou deux. Mais le Premier ministre britannique Boris Johnson rejette cette option.

Un round de négociations toutes les trois semaines

Le chef négociateur de l'UE, Michel Barnier ©EPA

Dès lundi, la Commission européenne rendra public son mandat de négociation. Michel Barnier, le chef négociateur de l'UE pour le Brexit, en a présenté une ébauche mercredi, lors d'une réunion des 27 ambassadeurs des États membres de l'UE. Pour tenir la cadence, il propose des rounds de négociations toutes les trois semaines. L'Union et le Royaume-Uni se prépareront durant une semaine, la deuxième sera consacrée aux négociations et la troisième au débriefing du Conseil européen et du Parlement. "Ce rythme permettra de se focaliser sur les thèmes essentiels", poursuit Lionel Van Reet.

Un accord d'association

Sur le plan juridique, la relation future fera l'objet d'un accord d'association, dont la procédure de négociation est prévue à l'article 218 du Traité. Un tel accord lie déjà l'UE à la Norvège, l'Ukraine ou la Turquie.

Les négociations seront divisées en trois parties: les matières économiques, dont un accord de libre-échange, les questions de sécurité et les affaires de gouvernance.

©AFP

Les intérêts des deux blocs ne sont pas similaires. "Plusieurs scénarios sont sur la table, en fonction des intérêts de chacun. Les Britanniques vont se focaliser sur les services financiers et les intérêts de la City, ajoute Lionel Van Reet, les Européens sur les questions comme l'agroalimentaire, le textile et les pharmas qui concernent la Belgique au premier plan".

Avec autant de questions à régler dans un temps si court, le risque d'échec est réel. "C'est fort peu probable qu'en 8 mois, on ait un accord sur tous ces sujets alors qu'il a fallu trois ans pour négocier l'accord de retrait", résume l'expert de PwC.

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Si, au 31 décembre 2021, il n'y a aucun accord, et à défaut de prolongation, les frontières dures seront rétablies entre l'UE et le Royaume-Uni. L'UE appliquera des taxes sur les biens et services britanniques. Boris Johnson, lui, aura le choix entre le rétablissement des droits de douane ou un "tarif zéro". 

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