Brexit: un compromis impossible

Les discussions sur le Brexit entre le gouvernement britannique et l'opposition travailliste sont sur le point de capoter, malgré les efforts de Theresa May. ©AFP

Même si les discussions continuent officiellement, un accord soft sur le Brexit entre le gouvernement et le parti travailliste semble impossible, y compris après la nouvelle session parlementaire à Strasbourg, le 2 juillet.

L'officialisation de la tenue des élections européennes du 23 mai, annoncée mardi par le Vice-premier ministre de fait David Lidington, est à la fois la résultante et la confirmation du blocage des négociations entre le gouvernement et l'opposition travailliste pour un compromis sur l'accord du Brexit. Malgré la "généreuse" communication des deux parties depuis quelques semaines, les probabilités de compromis étaient très réduites. Elles sont désormais nulles, y compris à long terme, même si officiellement les discussions continuent.

Dans le même temps, Theresa May a de nouveau affirmé aux caciques du parti tory sa volonté de rester à Downing Street et à la tête du parti jusqu'à cet automne au moins, afin de finaliser la sortie britannique de l'Union européenne. La date butoir fixée par les 27 le mois dernier est le 31 octobre.

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Mardi, Graham Brady, président du 1922 Committee, le groupe parlementaire tory, a exigé d'elle qu'elle quitte ses fonctions avant la fin juillet, afin de pouvoir organiser l'élection d'un nouveau leader à temps pour le prochain congrès du parti, prévu comme chaque année en septembre.

Face au refus ferme de May, les dirigeants du 1922 Committee vont se rassembler aujourd'hui pour réfléchir de nouveau à un changement des règles afin d'évincer la cheffe du gouvernement d'ici cet été.

Opportunité pour les pro-Européens

En théorie, la prochaine fenêtre de tir pour les Tories se situe en décembre. Un an après la précédente motion de censure contre leur leader, proposée par Jacob Rees-Mogg et qui avait été finalement rejetée, les conservateurs auront de nouveau la possibilité de renverser May et placer un nouveau Premier ministre tory à Downing Street, sans besoin de convoquer des élections générales (les prochaines sont prévues en 2022). Le profil du nouvel occupant du Number 10 sera probablement celui d'un Brexiter dur, Theresa May ayant clairement choisi une orientation vers un Brexit soft ces dernières semaines en ouvrant les négociations avec l'opposition travailliste.

Le scénario des mois à venir pourrait en partie être conditionné par le résultat du prochain scrutin européen. Comme lors des récentes élections locales, les deux principaux partis devraient subir une correction. Tout particulièrement le parti tory, dont environ 60% des électeurs classiques disent être prêts à voter pour le Parti du Brexit de Nigel Farage, selon un sondage réalisé sur le site du parti conservateur.

Toute la question est de savoir quelle stratégie adoptera Theresa May dans les mois à venir, lorsque les négociations pour un accord de Brexit soft seront bel et bien terminées. Alors que les Communes ont rejeté à plusieurs reprises, avec force, le Brexit sans accord, et restent profondément divisées sur le type d'accord qui doit être conclu avec l'Union européenne, il ne restera que deux options :

Avant le 31 octobre: un engagement pour un second référendum, porté par les tories europhiles et les travaillistes et auquel Theresa May ne fera pas barrage

• En fin d'année: une démission de gré ou de force de Theresa May, au profit d'un Brexiter dur.

Dans un cas comme dans l’autre, un grand nombre de cheminements seront encore possibles ensuite, allant de l’annulation du Brexit jusqu’au Brexit sans accord. Mais les députés auront bien un choix à faire entre ces deux chemins, et même si l’heure du choix viendra d’ici six mois, il est clair qu’ils n’y sont pas encore préparés.

©REUTERS

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