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Le risque d'un post-Brexit sans accord de libre-échange

Vous avez traversé le Covid, préparez-vous à la suite: le "Brovid", un scénario économiquement apocalyptique où l’effet de la pandémie se mêlerait à un Brexit effectif, bouclé sans accord de libre-échange entre Londres et l’Europe.

Au-delà d’être un bon mot, une nouvelle contraction sémantique dont les Anglais raffolent, ce scénario fait frissonner plus d’un Britannique depuis quelques semaines, vu l’inaction de son gouvernement. Ce scénario, il s’est réinvité, brutalement, lundi à nos agendas suite aux déclarations de Boris Johnson et de son négociateur en chef, David Frost. Comme si nous subissions, nous Européens, une nouvelle fois la séquence et avions oublié, avec les derniers mois, qu’il restait plus qu’un petit détail à régler d’ici au 1er janvier prochain. Que tout ne serait jamais si simple.

Le scénario du pire est un très bon scénario quand celui qui est en face de nous joue, depuis le départ, la stratégie du fou.

Quand Johnson tonne "si aucun accord n’est trouvé, la Grande-Bretagne aura un accord commercial avec l’Union européenne comme celui de l’Australie (moins large, NDLR)", personne n’est obligé d’y croire. C’est le scénario du pire, brandi pour entamer la négociation finale, jugera toute personne normalement constituée sur le plan émotionnel.

C’est oublier que le scénario du pire est un très bon scénario quand celui qui est en face de nous joue, depuis le départ, la stratégie du fou. C’est ignorer que Boris Johnson, même s’il bluffe, s’y prépare à ce scénario, annonçant la sortie de terre prochaine de 29 gigantesques parkings à camions à travers l’Angleterre pour faire face au chaos à la frontière. Il n’y a pas plus concret.

Attentistes, nos dirigeants européens sont désormais acculés.

C’est sous-estimer, une nouvelle fois, l’interdépendance de nos économies. Jusqu’à 42.000 emplois détruits chez nous dans la balance d’un Brexit dur, avec la Flandre au premier rang des régions les plus touchées économiquement derrière l’Irlande.

C’est se masquer les yeux: cette facture, impayable dans le monde d’avant, l’est hypothétiquement encore plus pour nos entreprises dans le monde d’aujourd’hui.

Attentistes, nos dirigeants européens sont désormais acculés. Comment réagiront-ils face au risque? Chez nous, ne demandez pas un plan au gouvernement Wilmès qui tire sa révérence le 17 septembre. Ce n’était, de toute façon, pas dans son mandat.

Be ready.

Hope for the best and prepare for the worst.

The clock is ticking.

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