C'est le secteur auto qui joue le plus gros

Jaguar Land Rover craint que le Brexit l’oblige à obtenir une certification différente pour accéder au marché européen. ©REUTERS

Le secteur automobile craint le casse-tête logistique d’un Brexit dur et des normes différentes pour l’automobile au Royaume-Uni. Plusieurs annonces de fermetures d’usines automobiles ont déjà eu lieu.

En plein mois de septembre 2019, BMW annonce la fermeture de son usine d’Oxford pendant deux journées – le 21 octobre et le 1er novembre 2019 – pour se préparer à la possibilité d’un Brexit sans accord. C’est la deuxième fois que le constructeur bavarois fermait son site de production de la Mini dans le cadre du Brexit. Il avait déjà avancé sa fermeture annuelle des vacances d’été à avril soit juste après la première date butoir sur le Brexit, le 31 mars 2019.

Dans un secteur complexe, fait de centaines de fournisseurs et de dizaines de milliers de pièces, le Brexit sonne comme un casse-tête. S’il y a une industrie qui craint le Brexit dur et ses tarifs douaniers ou des retards dans la chaîne logistique, c’est l’automobile.

Des immatriculations déjà en baisse en 2019

Le Brexit s’est déjà ressenti sur le marché automobile local, deuxième du continent européen derrière l’Allemagne. La Grande-Bretagne pèse 2,3 millions de voitures vendues par an sur les 15,3 millions écoulées dans l’UE. Les immatriculations se sont affichées en baisse de 2,4% sur l’année 2019 au Royaume-Uni. La baisse a d'abord frappé les marques qui produisent localement, comme Vauxhall (l’Opel anglais), Mini, Nissan ou Jaguar Land Rover (JLR). 

La question des certifications

JLR, le plus gros producteur de voitures outre-Manche, craint, comme toute l’industrie locale, que la sortie du Royaume-Uni l’oblige à obtenir une certification différente pour accéder au marché européen.

Il nous faut un accord ambitieux de libre-échange.
Michael Manley
président de l’association européenne des constructeurs automobiles

La Society of Motor Manufacturers and Traders (SMMT), qui s’occupe de la régulation au Royaume-Uni, a indiqué que le risque de s’écarter des réglementations européennes pourrait se traduire par des milliards de livres de coûts supplémentaires pour l’industrie automobile. Le 18 janvier dernier, le ministre britannique des Finances, Sajid Javid, avait avancé qu'après le Brexit, le Royaume-Uni ne se verrait plus imposer de normes européennes. Mais le ministre de rétropédaler ensuite: "Nous veillerons à ce que nos règles soient aussi bonnes que celles nécessaires à l’industrie afin de saisir l’opportunité de vendre en Amérique, en Europe et partout dans le monde".

Des fermetures au Royaume-Uni et des opportunités ailleurs

Honda et Ford ont déjà décidé de fermer une usine en Grande Bretagne. Toyota y songerait. Jaguar a déjà décidé de supprimer 500 postes sur un de ses sites, même si, officiellement, il s’agit de son plan de redressement.

"Il nous faut un accord ambitieux de libre-échange", insistait pour sa part Michael Manley, le président de l’association européenne des constructeurs automobiles, ACEA, la semaine passée.

Le secteur dans son ensemble n’aurait rien à gagner d'un Brexit dur. Mais des opportunités seraient à saisir ailleurs qu'au Royaume-Uni. Ainsi, par exemple, JLR pourrait donner du galon à son usine en Slovaquie.

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