Cameron et Miliband au coude-à-coude

Qui sera le prochain locataire du célèbre 10 Downing Street ? Ce ne sera pas le renard qui y passait hier... Mais il faudra sans doute beaucoup de ruse au travaillliste Miliband pour faire détaler Cameron. La campagne est ouverte, et s'annonce serrée. ©AFP

La campagne législative a démarré sur les chapeaux de roues lundi au Royaume-Uni où conservateurs et travaillistes sont au coude-à-coude, à cinq semaines des élections.

Disposant d’un bilan économique probant et d’une meilleure cote de popularité qu’Ed Miliband, David Cameron est loin d’être assuré de rester au 10 Downing Street après les élections.

Depuis des semaines, pourtant, il semblait plus que jamais favori pour remporter le scrutin du 7 mai, en tant que leader du parti conservateur. Quatre éléments allaient dans ce sens:

La reprise économique manifeste, qui voit le chômage diminuer à un rythme plus rapide que prévu et le plein-emploi devenir un objectif raisonnable à moyen terme, ainsi qu’une croissance robuste du PIB et un budget 2015 très généreux avec certaines parties sensibles de l’électorat;

La dynamique des intentions de vote qui voit depuis deux ans le parti Tory grignoter des parts sur sa gauche (Libdem et Labour) et sur sa droite (UKIP);

Une cote de popularité largement favorable à David Cameron (50% des Britanniques considèrent qu’il fera un meilleur Premier ministre qu’Ed Miliband, selon un sondage de ComRes effectué ce week-end);

Une force de frappe financière près de trois fois supérieure à celle du Labour, qui s’est accrue par rapport aux campagnes précédentes. La majeure partie de la City soutient la campagne du parti conservateur, alors que les ressources principales du Labour proviennent des syndicats. Le budget de campagne du Labour est quasiment identique à celui de 2010 (8 millions de livres, soit 10,95 millions d’euros, des moyens extrêmement limités).

Alors que la campagne a officiellement débuté hier, l’issue du scrutin est pourtant plus incertaine que jamais. Le Labour a repris une tête d’avance sur le parti conservateur dans un sondage (+4 points, une première depuis six mois).

De l’avis même de certains candidats tories, ce sont davantage les erreurs de David Cameron que l’inventivité d’Ed Miliband qui ont remis ce dernier en selle. L’excès d’assurance du Premier ministre, qui a promis qu’il ne se représenterait pas à Downing Street… en 2020, est parfois passée pour de l’arrogance (52% des Britanniques lui attribuent ce qualificatif).

Près de la moitié des électeurs n’ont pas encore pris leur décision, comme le relève Ben Page, de l’institut Ipsos-MORI, le seul à avoir prédit le résultat exact des précédentes élections, en 2010, et qui estime que le déséquilibre structurel pourrait faire la différence: "l’argent parle: le Labour est financé par les syndicats, alors que la moitié des dix plus importants hedge funds soutient le parti conservateur."

"Vous pouvez choisir une économie en croissance (…) ou le chaos économique préconisé par Ed Miliband."
David Cameron
Premier ministre sortant

L’un des principaux atouts de Cameron pourrait aussi être son chef de campagne, le très offensif Australien Lynton Crosby, qui a contribué à deux élections du Premier ministre australien John Howard (1998 et 2001), et aux deux campagnes pleines de panache de Boris Johnson pour la mairie de Londres (2008 et 2012). De la capacité d’Ed Miliband à répondre aux attaques du parti conservateur dépendront les chances de succès travailliste.

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