Comment Paris se fait belle pour attirer les banques

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Le gouvernement français a annoncé de nouvelles mesures pour attirer les banques sur son territoire, allégeant notamment de nombreuses contraintes pour les établissements financiers. Mais, est-ce que ce sera assez? Francfort semble en tout cas avoir une longueur d'avance sur Paris.

Dans le contexte actuel du Brexit, le Premier ministre français Edouard Philippe veut renforcer l'attractivité de Paris auprès des entreprises et des institutions financières.

Parmi les mesures annoncées ce vendredi pour attirer banques et assureurs, le chef du gouvernement français s'est engagé à réduire le coût du travail. Comment? En supprimant la tranche à 20% de la taxe sur les salaires. Matignon s'est aussi engagé à réduire le coût des licenciements en excluant les primes et bonus des "preneurs de risques" du calcul des indemnités et celui des transactions avec l'annulation de l'extension de la taxe sur les transactions financières aux opérations intraday.

"Promouvoir l'attractivité financière de Paris, c'est promouvoir l'attractivité économique de la France", a indiqué le Premier ministre Edouard Philippe, aux côtés de la maire de Paris, Anne Hidalgo (à droite) et de la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse (à gauche). ©REUTERS

"Chaque intervenant du monde financier, chaque banquier, chaque trader, chaque personnalité de ce monde, qui vient s'installer à Paris est un facteur de création d'autres emplois", a insisté Edouard Philippe (photo) en présentant ces mesures.

Les contraintes seront allégées, le gouvernement s'engageant, sur le droit bancaire et financier, à ne plus procéder à des surtranspositions de règles européennes et à examiner, pour les textes déjà transposés, des surrèglementations qui ne semblent pas justifiées, pour les modifier ou les supprimer. Une consultation publique sera lancée pour nourrir un projet de loi de simplification du droit financier et du droit des sociétés.

"Tapis bleu-blanc-rouge" pour la Finance

Ces mesures s'ajouteront à celles déjà promises cette semaine par le chef de l'Etat et le gouvernement: baisse progressive de l'imposition des sociétés jusqu'à 25%, réforme du droit du travail vers plus de souplesse, sortie des valeurs mobilières de l'impôt sur la fortune (ISF) et prélèvement unique à environ 30% sur le produit du capital.

Plus globalement, il sera mis fin à l'instabilité fiscale, a promis le chef du gouvernement, une crainte des investisseurs qui se souviennent de la taxe à 75% de François Hollande. Avec l'élection d'Emmanuel Macron, "nous avons un président qui est ouvertement pro-business", a dit Valérie Pécresse, en soulignant que l'offensive visait non seulement les banques mais également toutes les entreprises et le secteur des fintechs. "Nous sommes prêts à vous dérouler le tapis bleu-blanc-rouge", a-t-elle ajouté: "Welcome back to Europe".

Pour l'instant aucune banque autre que HSBC n'avait pris d'engagement sur un renforcement à Paris du côté du ministère de l'Economie et des Finances, on y travaille lors de road shows. Il faut dire que des places comme Francfort, où est située la Banque centrale européenne, ou encore Bruxelles, Dublin et Luxembourg ont été jugées jusqu'à présent plus attractives que Paris pour y transférer des activités financières.

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