Donald Trump embarrasse le parti tory

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La visite d’État du président américain a provoqué un malaise au sein du parti conservateur, qui doit assumer un Brexit de plus en plus dur et éloigné de l’esprit de la campagne de 2016.

La venue de Donald Trump en Europe, qui se conclut ce jeudi avec les commémorations du Débarquement, aurait pu renforcer la position des Brexiters durs vis-à-vis de l’UE, dans l’optique des éventuelles négociations de la dernière chance avant le 31 octobre. Mais l’invité de marque s’est avéré très embarrassant pour les principales figures du parti historique de droite.

La façon pateline avec laquelle il a jugé les compétences de la Première ministre sortante Theresa May et des trois principaux candidats à sa succession (Boris Johnson, Jeremy Hunt et Michael Gove) a constitué une humiliation pour un parti tory dont la survie est plus que jamais en question.

Tout comme sa rencontre avec le vrai père du Brexit, Nigel Farage, dont le parti politique ("Brexit Party") est désormais le mieux placé dans les intentions de vote en cas d’élections générales anticipées. Une rencontre qui marque une ingérence claire et assumée dans la vie politique des Britanniques, qui ont pourtant souhaité sortir de l’UE pour "reprendre le contrôle".

Rétropédalage

Les propos du président américain sur la future intégration du NHS (National health service) dans les négociations sur les accords commerciaux entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis sont encore plus dévastateurs pour les Brexiters du parti tory. Même si Trump a rétropédalé le lendemain matin, après avoir pris conscience qu’aucune affirmation ne pouvait constituer une pire contre-publicité pour le Brexit, les Tories savent qu’ils devront lutter contre le hashtag #SaveOurNHS, qui est promis à un bel avenir.

La rencontre entre Trump et Farage marque une ingérence claire et assumée dans la vie politique des Britanniques.

Theresa May a été très évasive sur la question de l’intégration du NHS dans les négociations commerciales avec les Etats-Unis. Cette intégration sera pourtant prioritaire pour Donald Trump, qui estime que les Américains paient trop cher leurs médicaments en comparaison, notamment, des Européens. Son secrétaire d’État à la santé, Alex Azar, a indiqué l’an dernier que les partenaires des Etats-Unis devaient "payer plus, car ils utilisent des contrôles de prix socialistes".

Comme souvent dans ce processus du Brexit, l’histoire est ironique: lors de la campagne référendaire de 2016, c’est justement le NHS qui avait constitué la pierre angulaire de la stratégie du camp du Leave. Le slogan "Nous donnons 350 millions de livres par semaine à l’Union européenne, finançons plutôt notre NHS" avait été la principale infox de la campagne des Brexiters. Voir, au nom du Brexit dur, le NHS intégré à des négociations commerciales avec les Etats-Unis, avec d’inévitables hausses des prix, serait un douloureux retour de boomerang pour les Brexiters.

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