Donald Tusk répond à Boris Johnson sur le "backstop"

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Le Premier ministre britannique a écrit à Donal Tusk pour réaffirmer sa volonté de conclure un accord de sortie de l'UE et son opposition à la disposition controversée sur l'Irlande. Le président du Conseil a répondu. Il ne ferme pas la porte à toute solution de rechange au "backstop".

Le procédé du "backstop", ou filet de sécurité, est contenu dans l'accord de retrait de l'UE conclu par le précédent gouvernement de Theresa May. Il prévoit que, faute de meilleure solution à l'issue d'une période transitoire de deux ans, et pour éviter la création d'une frontière entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande, le Royaume-Uni tout entier reste dans l'Union douanière. Ce "backstop", Boris Johnson n'en veut pas. 

Le Premier ministre britannique a écrit au président du Conseil européen Donald Tusk pour proposer de remplacer la clause de sauvegarde par l'engagement à mettre en oeuvre des dispositions alternatives d'ici la fin de la période de transition du Brexit. Il demande une nouvelle fois l'abandon du backstop. Il fait valoir que l'Accord de retrait avait été rejeté à trois reprises par la Chambre des communes.

Le Royaume-Uni et l'UE ont déjà convenu que 'des dispositions de substitution' pouvaient faire partie de la solution. De fait, je propose que le backstop soit remplacé par un engagement à mettre en oeuvre de telles dispositions dès que possible avant la fin de la période de transition, dans le cadre de la future relation.
Boris Johnson
Premier ministre britannique

Johnson précise que la Grande-Bretagne est prête à envisager "de manière constructive et flexible" la nature de ces engagements afin d'établir la confiance dans l'hypothèse où les dispositions ne seraient pas totalement mises en oeuvre à la fin de la période de transition. "Le gouvernement (britannique) ne mettra pas en place des infrastructures de vérification, ou des contrôles à la frontière entre l'Irlande du Nord et l'Irlande", écrit Johnson. "Nous serions ravis d'accepter un engagement légalement contraignant à cet effet et nous espérons que l'UE fera de même", poursuit le chef du gouvernement britannique. Les Européens soutiennent que l'Accord de retrait ne peut pas être rouvert et renégocié. "Le temps est compté. Mais le Royaume-Uni est prêt à avancer rapidement, compte tenu des intérêts communs existants, j'espère que l'UE serait prête à faire de même", a-t-il dit.

Donald Tusk répond

"Le backstop est une garantie pour éviter une frontière dure sur l'île d'Irlande, à moins qu'une solution de rechange ne soit trouvée", a répondu Donald Tusk à Boris Johnson ce mardi sur Twitter. Bref, il ne ferme pas la porte à une alternative... "Ceux qui s'opposent au backstop sans proposer de solutions de rechange réalistes soutiennent en réalité le rétablissement d'une frontière. Même s'ils ne l'admettent pas", a-t-il poursuivi.  

La Commission européenne a aussi réagi. "La lettre ne fournit pas de solution opérationnelle légale pour empêcher le retour d'une frontière physique sur l'île d'Irlande", a déclaré Natasha Bertaud, porte-parole de la Commission. "Notre position sur le backstop est bien connue (...) C'est le seul moyen identifié jusqu'à présent par les deux parties pour honorer cet engagement."

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