Publicité
Publicité

En attendant Turing, le programme qui tourne le dos à Erasmus

Les Britanniques attendent les détails du "généreux" programme d'échange d'étudiants que concocte leur gouvernement pour remplacer Erasmus+. (Photo: Université de Keele) ©REUTERS

Partir étudier au Royaume-Uni coûtera plus cher pour les étudiants européens. Les Britanniques, eux, attendent le contenu du nouveau programme d'échange promis par Boris Johnson.

Ca aura été la déception avouée de Michel Barnier: ne pas avoir pu convaincre Londres de rester dans Erasmus+. La décision du gouvernement de Boris Johnson de retirer le Royaume-Uni du système d’échange d’étudiants – une des réussites les plus visibles de l’Union européenne, à laquelle participent 33 pays, dont la Suisse et la Turquie – aura suscité des réactions de dépit. Comme celle du recteur de l’UCLouvain, Vincent Blondel: "Grosse déception de voir le Royaume-Uni faire une telle erreur. Il faudra reconstruire." Des réactions de colère, aussi. Pour la cheffe de l'exécutif écossais Nicola Sturgeon, cette décision relève du "vandalisme culturel" de la part du gouvernement  britannique. La décision aura pour le moins surpris ceux qui avaient pris au mot Boris Johnson lorsqu'il avait affirmé, en janvier dernier: "Il n'y a pas de menace sur le programme Erasmus, nous allons continuer à participer."

"Grosse déception de voir le Royaume-Uni faire une telle erreur. Il faudra reconstruire."
Vincent Blondel
Recteur de l'UCLouvain

Le Premier ministre britannique a justifié sa volte-face en considérant le programme comme "extrêmement cher" pour Londres. Alors que quelque 17.000 Britanniques y participent chaque année, environ 32.000 Européens se rendaient dans les universités du Royaume-Uni dans le cadre de ce programme.

Au-delà des séjours d'échange, l'accès aux études outre-Manche sera désormais plus cher pour les jeunes Européens: alors qu'ils payaient jusqu’ici les mêmes frais d’inscription que les Britanniques – environ 10.000 euros par an en moyenne – ils paieront désormais le tarif pour étrangers – environ deux fois plus.  

"Généreusement financé"

Pour remplacer Erasmus, le Premier ministre britannique a annoncé la création prochaine d’un programme "Turings", du nom du mathématicien britannique de génie, considéré comme un père de l'informatique. Il doit permettre aux étudiants britanniques de partir étudier dans les "meilleures universités" du monde. Londres provisionne 100 millions de livres (110 millions d'euros) pour financer des échanges de 35.000 étudiants à partir de septembre 2021. La coupole Universities UK, qui représente 140 universités britanniques, a salué la création du nouveau programme "généreusement financé".

2
fois
Alors qu'ils payaient jusqu’ici les mêmes frais d’inscription que les Britanniques – environ 10.000 euros par an en moyenne – les jeunes Européens paieront désormais le tarif pour étrangers – environ deux fois plus.

Contrairement aux Anglais, Écossais et Gallois, les étudiants nord-irlandais vont cependant pouvoir continuer à participer à Erasmus+. Le gouvernement de Dublin a en effet annoncé qu'il financera leur participation, pour un coût annuel estimé à 2,1 millions d'euros. Un clin d'œil à l'histoire: si Alan Turing, né de mère irlandaise, avait été étudiant aujourd’hui, il aurait pu prétendre à participer à Erasmus+.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité