En cas de no deal, le gouvernement de Boris Johnson n'exclut pas le chaos

Boris Johnson entame cette semaine une tournée des principales capitales européennes. ©Photo News

Le Royaume-Uni pourrait être confronté à des pénuries de nourriture, d'essence et de médicaments en cas de sortie de l'Union européenne sans accord, avec des blocages dans les ports et le rétablissement d'une frontière physique en Irlande, selon des documents officiels.

C'est une fuite qui vient ajouter une nouvelle dose d'inquiétude et d'incertitude dans l'imbroglio du Brexit. Ce dimanche, le Sunday Times a révélé que selon des prévisions du gouvernement britannique, les répercussions les plus probables d'un Brexit sans accord consisterait en des pénuries de nourriture, d'essence et de médicaments, avec des blocages dans les ports et le rétablissement d'une frontière physique en Irlande. Et encore, ajoute le journal, il ne s'agirait pas du scénario du pire, mais bien des répercussions les plus probables attendues par le gouvernement britannique en cas de no deal.

Plusieurs membres du gouvernement britannique se sont empressés de démentir qu'il s'agissait du scénario envisagé par le gouvernement Johnson. 

Michael Gove. ©EPA

Sur Twitter, le ministre chargé des préparatifs du divorce Michael Gove a affirmé que ces documents décrivaient la pire des situations, validant de la sorte l'existence et la teneur de ces documents. Selon lui, des "mesures très significatives ont été prises ces trois dernières semaines pour accélérer la préparation du Brexit".

Le ministre de l'Energie, Kwasi Kwarteng, a quant à lui assuré sur Sky News que le Royaume-Uni serait "pleinement préparé" à quitter l'UE le 31 octobre, déplorant "l'alarmisme" d'un grand nombre de personnes qui jouent la carte du "projet peur", estime-t-il.

Au 10, Downing Street, les services du Premier ministre Boris Johnson ont rappelé leur ligne de conduite en cas de fuites de présumés rapports officiels: pas de commentaire.

Opération Yellowhammer

85%
des camions ne seraient pas prêts
Jusqu'à 85% des camions qui traversent la Manche "pourraient ne pas être prêts" pour les autorités douanières françaises, selon le rapport dévoilé par le Sunday Times.

Selon les documents publiés par le Sunday Times, jusqu'à 85% des camions qui traversent la Manche "pourraient ne pas être prêts" pour les autorités douanières françaises, ce qui signifie que des perturbations dans les ports pourraient durer jusqu'à trois mois avant une éventuelle amélioration du trafic. Le gouvernement juge par ailleurs probable le rétablissement d'une frontière physique entre la République d'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord, dans la mesure où les plans envisagés actuellement afin d'éviter des contrôles généralisés se révéleront inopérants, précise le Times.

Dossier Brexit

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"Compilé ce mois-ci par le Bureau du Cabinet sous le nom de code 'Opération Yellowhammer', le dossier offre un rare aperçu du plan secret du gouvernement pour éviter un effondrement catastrophique des infrastructures du pays", écrit le Times.

Le Royaume-Uni se dirige tout droit vers une crise constitutionnelle et une sortie de l'UE, alors que le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a promis que le pays quitterait le bloc communautaire à la date du 31 octobre, avec ou sans accord.

Johnson chez Macron et Merkel

L'opposition fourbit ses armes pour tenter d'éviter, dès la rentrée parlementaire, le 3 septembre, cette issue qui inquiète les milieux économiques. Après trois années au cours desquelles le Brexit a dominé les affaires européennes, le bloc a refusé à plusieurs reprises de revenir sur l'accord de retrait négocié en novembre dernier avec Theresa May, prévoyant notamment une clause de sauvegarde (backstop), qui a pour but d'éviter le rétablissement d'une frontière physique entre la République d'Irlande et la province d'Irlande du Nord.

Boris Johnson dira cette semaine à Emmanuel Macron et à Angela Merkel que le parlement britannique n'a pas les moyens de s'opposer à la rupture entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. Le chef du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, a appelé cette semaine à voter une motion de défiance contre le successeur de May et à mettre sur place un gouvernement "provisoire strictement limité dans le temps" qui repousserait la date du Brexit au-delà du 31 octobre et organiserait de nouvelles élections législatives.

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