Et maintenant, Theresa May doit convaincre les Européens

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Theresa May a obtenu le soutien de ses ministres sur son plan Brexit. Elle envisage une zone de libre-échange pour les biens et la fin de la libre circulation pour les personnes. Que va dire l'Union européenne?

La Première ministre britannique Theresa May a donc obtenu vendredi l'accord de son gouvernement sur son plan pour quitter l'Union européenne dans l'espoir d'accélérer les négociations sur le Brexit, prévu le 29 mars 2019. Elle a convaincu les défenseurs d'un Brexit dur au sein de son gouvernement de la soutenir sur son projet de "zone de libre-échange des biens" avec l'UE. La proposition adoptée prévoit aussi la fin à la libre circulation des personnes et signale que le secteur britannique des services n'aura pas les niveaux actuels d'accès aux marchés de l'UE. Elle gagne un certain répit avec cet accord conclu à l'arraché.

Ce faisant, Theresa May pourrait être accusée par l'Union européenne de sélectionner les meilleurs morceaux de l'UE.

Nous évaluerons les propositions pour voir si elles sont réalisables et réalistes. Prochaines négociations à partir du 16 juillet.
Michel Barnier
Négociateur en chef du Brexit pour l'UE

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Selon le document qui présente la position du gouvernement, les ministres disent qu'ils se sont entendus pour négocier une "zone de libre-échange pour les marchandises", qui permettrait au Royaume-Uni d'avoir un "règlement commun pour tous les biens" dans un territoire douanier commun. Cela permettrait au Royaume-Uni de fixer ses propres droits de douane et de conclure de nouveaux accords de libre-échange. Ils ont également convenu que le parlement aurait le pouvoir de décider si le Royaume-Uni continue ou non à suivre la législation de l'UE à l'avenir. Mais pour les deux camps du Brexit, les eurosceptiques intransigeants et les fervents partisans de l'UE, l'accord conclu est insuffisant.

Les propositions visent à éviter le retour d'une frontière physique entre l'Irlande et l'Irlande du Nord, cette question constituant le principal point d'achoppement des négociations en cours et une inquiétude majeure pour les habitants de l'île.

Mais Theresa May devra désormais réussir à convaincre les dirigeants européens d'adopter sa position. Une tâche qui s'annonce ardue: l'Union européenne a martelé dans les négociations que la libre circulation des biens n'était pas dissociable de celles des services ou des personnes, auxquelles Londres veut mettre fin.

Le négociateur en chef du Brexit pour l'UE, Michel Barnier, dit attendre "avec impatience" la publication par Londres du Livre blanc, qui doit révéler les détails de la position britannique.

Kris Peeters évoque samedi un "pas en avant". "J'ai, fin avril à Londres, plaidé pour une union douanière, c'est bien que le Royaume-Uni évolue dans cette direction. Ce serait bien pour les Belgique et pour nos entreprises", ajoute-t-il dans ce message. Il reste cependant "encore beaucoup de questions", souligne-t-il, appelant les négociateurs "à avancer rapidement désormais".

L'UE vise la définition d'un accord de retrait d'ici le mois d'octobre, pour laisser le temps aux divers parlements de le ratifier. L'accord final fera également l'objet d'un vote au Parlement britannique, où l'exécutif ne dispose que d'une très courte majorité.

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