Et vous, aimez-vous l'Europe?

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Dans tous les Etats membres, la majorité de la population souhaite que leur pays reste dans l’UE. Une écrasante majorité des Européens se montrent peu satisfaits de leur gouvernement.

Le pourcentage de Belges, Français, Allemands, Danois et Suédois qui voteraient "oui" à une sortie de leur pays de l’Union européenne a chuté en un an. Dans ces pays, le Brexit a eu un effet positif sur le sentiment d’appartenance à l’Union. C’est ce qui ressort d’un sondage réalisé du 25 novembre au 7 décembre par l’institut Win Gallup.

Sur 14.969 Européens, le soutien apporté aux institutions européennes dépasse 60% en Allemagne, en Belgique et en France. Dans la plupart des pays, une minorité des personnes interrogées se disent prêtes à sortir de l’UE.

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La première leçon à tirer de ce sondage est que le Brexit a eu peu d’impact dans la plupart des pays sur la perception de l’Union européenne. La deuxième est que la grande majorité des Européens continuent à souhaiter que leur pays reste dans l’Union (voir infographie).

Le camp du "non" a augmenté dans deux Etats: la Finlande (de 29% à 40%) et la Grèce (de 38% à 46%). Dans ce dernier, il faut y voir la conséquence du bras de fer entre Bruxelles et Athènes sur la crise grecque et l’impact des mesures d’austérité poussées par l’Allemagne. En Finlande, par contre, la crise migratoire semble avoir laissé des traces importantes.

Une proportion importante de la population italienne (40% contre 42%) continue à vouloir quitter l’Union européenne. Ici aussi, la discipline budgétaire imposée dans la zone euro passe mal.

"Les votes en Grèce, en Italie et en Finlande pourraient créer une incertitude sur les marchés", fait observer Johnny Heald, directeur du cabinet de recherche ORB International.

Les Britanniques changent d’opinion

La surprise de ce sondage vient du Royaume-Uni, où la population voterait aujourd’hui non au Brexit à 54%, alors que l’an dernier, ils étaient le même nombre à vouloir quitter l’Europe.

"Une partie écrasante des citoyens européens estime que leur pays se dirige dans la mauvaise direction."
Johnny heald
directeur du cabinet orb international

La concrétisation, dans les urnes, du Brexit et la perspective de voir leur pays quitter réellement l’Union auraient-elles provoqué un retournement de situation? Pour rappel, 51,89% des Britanniques ont décidé de quitter l’Union européenne en juin dernier.

L’année ne fut guère positive pour l’Union européenne, malmenée par la crise migratoire et une montée en puissance des partis populistes europhobes. Mais ce sondage démontre que les citoyens continuent à avoir confiance dans le bloc européen. Ce résultat contredit l’impression d’une europhobie dominante provoquée par certains discours politiques.

Les gouvernements mal aimés

"En 2016, les fondations de l’UE ont été fortement ébranlées, explique Johnny Heald. Il ressort aussi de ce sondage qu’une partie écrasante des citoyens européens estiment que leur pays se dirige dans la mauvaise direction, ce qui est un terrain fertile pour les partis populistes de droite."

Le constat est frappant au Royaume-Uni où 48% de la population estime que le pays est mal géré depuis le Brexit, alors que la réponse à cette question ces dernières années oscillait aux alentours de 33%. L’optimisme est de rigueur, par contre, en Irlande (62% d’avis positifs) et en Islande (57%). Par contre, la confiance envers le gouvernement est au plus bas en Grèce (89% de défavorables), en France (82%) et en Italie (79%).

Les Européens restent très critiques sur l’avenir de leur pays et la manière dont il est gouverné. Cet enseignement est important à retenir en vue des échéances électorales qui se profilent en 2017 en France, aux Pays-Bas et en Allemagne. Ces élections serviront de test sur le succès réel – ou non – des populistes en Europe, en particulier en France où le Front National cherche à profiter de cette vague de mécontentement pour remporter les présidentielles de mai prochain.

 

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