EY déménage sa société pivot de Londres vers Bruxelles

L’arrivée d’EY à Bruxelles ne revêt toutefois pas une grande importance économique.

Le groupe international d’audit s’apprête à créer à Bruxelles une nouvelle entité juridique chapeautant les sociétés EY dans l’Union européenne et leurs 3.500 associés.

La société pivot européenne du groupe international d’audit et de conseil EY quitte Londres pour s’établir à Bruxelles. L’Institut des réviseurs d’entreprises (IRE) a reçu en effet une demande d’agrément de la part d’EY pour une nouvelle entité juridique chapeautant les sociétés EY dans l’Union européenne et leurs 3.500 associés.

"La Belgique est un État attaché à l’Union européenne, parce que de nombreuses institutions européennes ont leur siège à Bruxelles et parce que le cadre réglementaire y est stable."
Rudi Braes
Vice-président d’EY Europe, Moyen-Orient et Afrique

Cette décision fait suite à la perspective de plus en plus probable d’un "hard Brexit" (Brexit sans accord entre le Royaume-Uni et l’Union européenne). La société pivot doit posséder une licence d’audit dans un État-membre de l’Union européenne (UE) pour pouvoir diriger et contrôler les sociétés d’audit EY dans les autres États-membres. La société pivot européenne actuelle, EY Europe LLP, opère sur la base d’une licence d’audit britannique. Si le Royaume-Uni sort de l’Union européenne, EY doit donc demander un tel agrément dans un autre pays de l’UE.

Après une analyse approfondie, EY a choisi Bruxelles comme lieu d’établissement pour sa société pivot européenne. "Parce que la Belgique est un État attaché à l’Union européenne, parce que de nombreuses institutions européennes ont leur siège à Bruxelles et parce que le cadre réglementaire y est stable", souligne Rudi Braes, ancien patron d’EY Belgique et, à présent, vice-président d’EY Europe, Moyen-Orient et Afrique.

Une "belle prise"

Le choix de Bruxelles est un triomphe pour la Belgique, d’importance surtout symbolique, et une "belle prise" pour l’IRE et le Collège de supervision des réviseurs d’entreprises – organe autonome attaché à l’Autorité des services et marchés financiers –, qui auront la responsabilité de superviser un groupe d’audit important en Europe et ses associés. Ces derniers resteront cependant soumis en première ligne à la surveillance des autorités locales des pays où ils sont actifs.

L’arrivée d’EY à Bruxelles ne revêt pas une grande importance économique. La société pivot n’exerce aucune activité commerciale. Elle joue un rôle principalement dans la structure de gouvernance du groupe EY, qui est constitué d’entités d’associés séparées, d’auditeurs, de réviseurs et de consultants dans les différents pays. La société pivot économique EY Europe compte trois hauts dirigeants, dont Rudi Braes, et quelques collaborateurs.

La société faîtière internationale, EY Global, reste cependant établie à Londres, tout comme la société pivot EY EMEIA qui regroupe les divisions Europe, Moyen-Orient, Inde et Afrique.

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