In ou out? La campagne dans sa dernière ligne droite

©AFP

Les Britanniques décident ce jeudi si oui ou non ils restent dans l'Union européenne. A quelques jours du verdict, le camp du "Remain" reprend des couleurs dans les sondages.

  • Les débats étaient suspendus depuis le meurtre de Jo Cox
  • L'immigration a de nouveau clivé les deux camps
  • Le camp du "Remain" reprend des couleurs dans les sondages
  • L'électorat reste profondément divisé

La campagne en vue du référendum de jeudi sur le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne a repris dimanche, trois jours après le meurtre de la députée pro-européenne Jo Cox.

La volonté de dépassionner le débat, après le choc suscité par l'assassinat de l'élue travailliste, a été très rapidement mise à l'épreuve par de nouvelles passes d'armes sur l'immigration entre pro- et anti-Brexit.

Trois sondages ont montré que le camp du maintien reprenait des couleurs mais l'incertitude reste totale sur l'issue de la consultation.

George Osborne, ministre des Finances, farouche partisan du "In". ©Bloomberg

"J'espère qu'en raison de la mort tragique de Jo Cox, nous pourrons avoir un débat politique moins clivant dans notre pays", a déclaré le ministre des Finances George Osborne, l'un des chefs de file de la campagne en faveur du maintien. "En particulier dans les tout derniers jours de cette (campagne), (j'espère que) nous aurons moins d'affirmations sans fondement et de rhétorique incendiaire et plus de faits et d'arguments raisonnés", a dit George Osborne sur ITV.

Agée de 41 ans et mère de deux enfants, Jo Cox été tuée jeudi en pleine rue alors qu'elle se préparait à tenir sa permanence hebdomadaire dans sa circonscription de Birstall, près de Leeds.

Son agresseur, un homme de 52 ans nommé Thomas Mair, qui serait lié à l'extrême droite et aurait des antécédents psychiatriques, a été inculpé samedi.

Les  camps du "In" et du "Out" avaient décidé de suspendre leur campagne jusqu'à dimanche matin.

Mais la nature enflammée du débat a vite repris ses droits. Les partisans du Brexit accusent leurs adversaires d'exagérer les conséquences économiques négatives d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Le camp du maintien reproche quant à lui au camp du "Out" de focaliser le débat sur l'immigration afin d'accentuer les divisions.

Une affiche "répugnante"

Nigel Farage, leader du parti nationaliste Ukip, devant une affiche controversée en faveur du Brexit. ©EPA

George Osborne a ainsi dénoncé une affiche diffusée il y a quelques jours par les partisans du "Brexit", qui montre une file d'attente de réfugiés sous le slogan "Point de rupture". Leministre des Finances a qualifié l'affiche de "répugnante", la comparant à la propagande utilisée pendant les années 1930. Nigel Farage, le chef du Parti de l'indépendance du Royaume-Uni (Ukip), qui pose sur l'affiche et milite pour le"Leave", a rétorqué sur la BBC que l'UE n'avait pas réussi à contrôler efficacement l'immigration et compromis la sécurité européenne en permettant l'entrée sur son territoire d'extrémistes religieux. "C'est un commentaire sur notre appartenance à une Union européenne en échec", a-t-il affirmé.

L'équipe de campagne officielle du Brexit, "Vote Leave", a cherché à se démarquer de cette affiche tout en justifiant son choix de faire de l'immigration un sujet prioritaire.

"Le débat dans ce référendum porte sur notre manque de contrôle des migrations économiques en provenance de certaines parties de l'Europe dont les économies sont en train d'être détruites par l'euro", a déclaré la présidente de Vote Leave, Gisela Stuart. "Cela affecte désormais des familles en Grande-Bretagne."

45%
Le "In" était en tête des sondages ce dimanche, avec 45% des intentions de vote, contre 42% pour le "Out", selon l'institut Survation.

Nigel Farage a semblé laisser entendre que la mort de Jo Cox pourrait avoir un effet négatif pour le camp du "Out". "Cela a un impact sur tout le monde", a-t-il dit, ajoutant toutefois: "Nous avions en effet une dynamique avant ce terrible drame." Le seul sondage entièrement réalisé après le meurtre de la députée, effectué vendredi et samedi par l'institut Survation pour le Mail on Sunday, place le camp du "In" en tête avec 45% des suffrages contre 42% pour le "Out".
Le précédent sondage Survation, effectué pour le compte du cabinet d'analyse financière IG quelques heures avant la mort de Jo Cox, donnait exactement le contraire. Deux autres sondages publiés samedi ont donné le camp du"Remain" en tête face au "Leave", tandis qu'un troisième les plaçait à égalité.

"Nous vivons les derniers jours de la campagne pour le référendum et le retour en force du statu quo paraît être très marqué", souligne Anthony Wells de l'institut de sondage YouGov.

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