"Je veux un accord", dit Boris Johnson à Emmanuel Macron

Boris Johnson est en visite à l'Elysée ce jeudi. ©Photo News

Une solution rapide sur la question de la frontière irlandaise est possible, estime le président français Emmanuel Macron, qui reçoit Boris Johnson ce jeudi. Objectif: permettre une sortie ordonnée du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Le président français Emmanuel Macron estime qu'une solution pourrait être trouvée "d'ici 30 jours" sur la question de la frontière irlandaise (clause du "backstop") afin d'aboutir à une sortie ordonnée du Royaume-Uni de l'UE. "Dans le cadre de ce qui a été négocié, un travail doit pouvoir se faire", a-t-il déclaré en recevant le Premier ministre britannique Boris Johnson à l'Elysée, à deux jours du sommet du G7.

"Je suis, comme la chancelière Merkel, confiant sur le fait que l'intelligence collective, notre volonté de construire, doit nous permettre de trouver quelque chose d'intelligent dans les 30 jours s'il y a une bonne volonté de part et d'autre, et c'est ce que je veux croire", a-t-il ajouté, estimant que "l'avenir du Royaume-Uni ne peut se trouver qu'en Europe".

Le "backstop"?

Le "backstop", disposition controversée sur l'Irlande dans l'accord de Brexit négocié entre Londres et Bruxelles mais refusé par le Parlement britannique, prévoit que, faute de meilleure solution à l'issue d'une période transitoire, et pour éviter le retour d'une frontière entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande, le Royaume-Uni tout entier reste dans un "territoire douanier unique" avec l'UE.

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Boris Johnson estime que ce dispositif porte atteinte à la "souveraineté de l'Etat britannique" et l'empêcherait de mener une politique commerciale indépendante des règles de l'UE. "Les solutions techniques sont aisément disponibles", a assuré le Premier ministre britannique devant son homologue, ajoutant que le Royaume-Uni ne voulait "à aucun prix établir des contrôles à la frontière"

"Faisons ce Brexit"

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"Je veux un accord", a martelé Boris Johnson. "Faisons ce Brexit, faisons-le raisonnablement et pragmatiquement et dans l'intérêt des deux parties, sans attendre le 31 octobre", a déclaré Boris Johnson sur le perron de l'Elysée. "Je pense que nous pouvons avoir un accord et un bon accord", a-t-il ajouté, se disant "encouragé" par sa rencontre de mercredi avec Angela Merkel. La chancelière allemande, en le recevant mercredi à Berlin, avait aussi jugé possible de trouver "dans les 30 prochains jours" un accord avec Londres pour éviter un divorce non négocié entre le Royaume-Uni et l'Union européenne le 31 octobre.

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Le président français, réputé plus inflexible, avait alors à l'inverse affirmé que "la renégociation dans les termes proposés par les Britanniques n'est pas une option qui existe". La présidence française avait également exprimé ses réserves quant aux chances d'éviter un "Brexit dur", largement redouté par le monde des affaires des deux côtés de la Manche, estimant qu'"aujourd'hui, le scénario central du Brexit est celui du no-deal".

Devant son homologue, Emmanuel Macron a insisté sur le respect de deux conditions concernant le "backstop": "Garantir la stabilité en Irlande" et "assurer l'intégrité du marché unique". S'il n'a pas fermé la porte à des évolutions - sous réserve qu'elles soient endossées par l'ensemble des membres de l'Union européenne - Emmanuel Macron a exclu tout changement des "équilibres profonds" de l'accord de retrait négocié avec Theresa May.

Boris Johnson, Emmanuel Macron et Angela Merkel doivent se retrouver ce week-end pour le sommet du G7 de Biarritz.

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