"Jetons un pont par-dessus la Manche"

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Boris Johnson, ministre britannique des Affaires étrangères, veut renforcer les relations économiques et touristiques entre la France et le Royaume-Uni en construisant un pont de 35km au-dessus de la Manche.

A l'heure où le Royaume-Uni négocie son divorce avec l'Europe, Boris Johnson veut, lui, créer des ponts - au propre comme au figuré - avec la France.

L'un des plus ardents promoteurs du Brexit, le ministre britannique des Affaires étrangères, a ainsi proposé à Emmanuel Macron de construire un pont géant au-dessus de la Manche. Il estime ridicule que les deux pays ne soient reliés que par une seule ligne ferroviaire. Ce à quoi le président français a répondu: "I agree. Let's do it." (Je suis d'accord, faisons-le), rapporte la presse britannique.

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Pourquoi pas?, enchaîne le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire. "Toutes les idées, mêmes celles qui sont parfois les plus farfelues, doivent être étudiées."

"Nos succès économiques dépendent de bonnes infrastructures et de bonnes connexions. Et si le tunnel sous la Manche n'était qu'une première étape?", a ainsi tweeté le chef de la diplomatie britannique.

Pour Johnson, un pont de 35 km au-dessus de la Manche, financé par des capitaux privés, permettrait d'accroître les échanges touristiques et commerciaux après le Brexit.

Technologiquement, il considère que le progrès permet désormais de tels ouvrages, rappelant que des ponts bien plus longs ont déjà été construits notamment en Chine avec un record de 160 km.

Une collaboration accrue sur la migration en échange d'une tapisserie

Premier sommet bilatéral depuis le vote du Brexit, le 35e sommet franco-britannique de jeudi a été propice aux échanges entre les deux pays.

Plus terre-à-terre que Johnson, le Président français et son homologue britannique, Theresa May, ont signé un traité sur le contrôle de l'immigration. Le texte vient compléter les accords du Touquet de 2004, qui instauraient les contrôles d'immigration communs dans les ports. Les accords du Touquet n'avaient toutefois jamais réussi à juguler l'afflux de migrants à Calais.

Downing Street a ainsi fait part de son intention d'augmenter de 44,5 millions de livres (50,5 millions d'euros) sa contribution au contrôle de la frontière à Calais. Un argent destiné à renforcer les infrastructures de sécurité, les clôtures et les technologies infrarouges à Calais et dans d'autres postes frontières.

Sur la coopération en matière de défense, Theresa May annonce aussi l'envoi de trois hélicoptères de transport au Sahel pour épauler les troupes françaises, ainsi que des personnels non combattants.

La France promet, de son côté, un appui au groupement tactique de l'Otan dirigé par le Royaume-Uni en Estonie.

"Ce sommet montre qu'une relation solide entre nos deux pays est dans l'intérêt du Royaume-Uni, de la France et de l'Europe", a insisté Theresa May, répétant: "Le Royaume-Uni se prépare à quitter l'UE, mais cela ne signifie pas qu'il quitte l'Europe".

Petite cerise sur le "cake" britannique, le Royaume-Uni accueillera prochainement la célèbre tapisserie de Bayeux. Ce prêt fait partie d'un programme d'échanges d'oeuvres d'art. La tapisserie en question, chef d'oeuvre du XIe siècle, relate la défaite de l'Angleterre face à l'invasion du duc de Normandie Guillaume le Conquérant. Elle arrivera au Royaume-Uni en 2022 pour la durée des travaux de restauration du musée qui l'abrite à Bayeux.

La tapisserie de Bayeux reviendra au Royaume-Uni en 2022. ©REUTERS

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