Johnson confirme l'accord pour un report flexible mais demande d'exclure tout autre report

Donald Tusk et Boris Johnson le 11 octobre 2019. ©BELGAIMAGE

L'Union européenne a accepté ce lundi la demande britannique de reporter le Brexit de trois mois. Le Royaume-Uni pourrait même sortir plus tôt de l'UE, au début de chaque mois, si ses députés approuvent l'accord sur le Brexit. Mais à Londres, la situation politique est des plus incertaines.

Les 27 ambassadeurs des États de l'Union européenne (Coreper) ont accepté ce lundi de reporter la date du Brexit au 31 janvier 2020. La décision a été prise 10 minutes à peine après le début de leur réunion. Elle sera officialisée par une procédure écrite qui devrait être lancée ce mardi et prendre une journée.

La discussion fut rapide. Mais, selon une source, un doute planait quant à l'avenir du Brexit en raison des incertitudes pesant sur la situation politique au Royaume-Uni.


Johnson veut exclure "un autre report après le 31 janvier"

"Je n'avais aucune latitude en vertu de la loi sur le retrait de l'Union européenne, qui a été imposée à ce gouvernement contre son gré"
Boris Johnson

Incapable de faire approuver par son parlement le nouvel accord de sortie du Royaume-Uni de l'UE, le gouvernement britannique avait demandé à contrecœur à l'Union un report du Brexit prévu ce 31 octobre. Le délai de trois mois repoussant le Brexit au 31 janvier 2020 était prévu dans le Benn Act, une législation adoptée en septembre dernier par le parlement britannique visant à éviter une sortie de l'UE sans accord. Selon cette législation, le Premier ministre Boris Johnson est tenu d'accepter le délai. Ce qu'il a fait en fin d'après-midi, expliquant toutefois qu'il ne "soutenait pas ce report" et qu'il "redoutait que le Parlement ne ratifie jamais l'accord".

"Je n'avais aucune latitude en vertu de la loi sur le retrait de l'Union européenne, qui a été imposée à ce gouvernement contre son gré, de faire quoi que ce soit d'autre que de confirmer l'accord formel du Royaume-Uni à cette extension", a écrit Johnson dans sa lettre à Donald Tusk, le président du Conseil européen. Il a également demandé à l'UE d'exclure "un autre report après le 31 janvier".

Durant cette période, Boris Johnson, qui avait jusqu'ici promis un Brexit "coûte que coûte pour fin octobre", espère organiser des élections et d'obtenir un nombre suffisant de députés pour approuver l'accord .

"Le Président français Emmanuel Macron ne voulait pas paraître isolé sur cette question".
Une source européenne

La France, préférant un délai plus court, a fait de la résistance, pour finir par accepter ce week-end après des tractations entre ambassadeurs. "Le Président français Emmanuel Macron ne voulait pas paraître isolé sur cette question", dit une source.  Un coup de fil entre Emmanuel Macron et Boris Johnson, lundi, aurait contribué à débloquer la situation.

Un Brexit possible avant le 31 janvier

Les ambassadeurs ont également décidé de raccourcir le report au 30 novembre ou 31 décembre si, entre-temps, le Parlement britannique approuve l'accord sur le Brexit. 

Le texte adopté ce lundi prévoit aussi que le Royaume-Uni ne peut agir, durant cette période, en menaçant le processus de décision de l'Union européenne. L'idée étant d'éviter un blocage des institutions de la part d'un État qui en fait toujours partie. 

Le Royaume-Uni sera toujours tenu de ses obligations, et bénéficiera des droits afférents à sa qualité de membre de l'Union. Ainsi, le pays doit encore désigner un commissaire européen dans la prochaine Commission présidée par Ursula von der Leyen. Le texte adopté lundi par les ambassadeurs comporte une référence claire à la nécessité pour le Royaume-Uni de désigner son candidat. 

De plus, il n'est pas question, durant ces trois mois, de renégocier l'accord sur le Brexit. Il n'y aura aucune réouverture des négociations.

Tous les regards sont désormais braqués sur Londres. Le Parlement britannique se réunit ce lundi pour se prononcer l'organisation d'élections anticipées pour le 12 décembre, comme demandé par Boris Johnson. Une majorité des deux tiers sera nécessaire pour prendre cette décision.

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