L'Écosse reparle d'indépendance, Johnson s'y oppose toujours

La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon, le 30 décembre dernier, durant le débat qui s'est tenu au Parlement écossais sur l'accord commercial entre l'UE et le Royaume-Uni. ©AFP

Le Brexit pourrait pousser davantage d'Écossais à vouloir l'indépendance. C'est ce qu'espère leur Première ministre, Nicola Sturgeon, qui se dit à nouveau déterminée à organiser un référendum sur la question.

La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a dit, ce samedi, espérer que l'Écosse gagne son indépendance et puisse "rejoindre" l'Union européenne (UE), soulignant que le Brexit s'était fait contre la volonté des Écossais, qui s'y étaient majoritairement opposés lors du référendum de 2016.

58%
des écossais
Selon le dernier sondage mené par l'institut Savanta ComRes pour le journal The Scotsman, mi-décembre, 58% des Écossais soutiennent désormais une rupture avec le Royaume-Uni.

"Nous subissons maintenant un Brexit dur contre notre volonté, au pire moment possible, au milieu d'une pandémie et d'une récession économique", a déploré Nicola Sturgeon sur le site internet de son parti indépendantiste, le SNP, deux jours après la sortie du Royaume-Uni du marché unique et de l'union douanière.

Enjeu des élections locales de mai

Elle a de nouveau exprimé sa détermination à organiser un nouveau référendum sur l'indépendance de l'Écosse, après celui perdu par son camp en 2014, lorsque 55% des Écossais avaient dit "non" à l'indépendance. La décision d'organiser un tel référendum revient au Premier ministre britannique Boris Johnson, qui refuse fermement. Néanmoins, une large victoire du SNP lors des élections locales de mai prochain renforcerait la pression sur Londres pour accepter une nouvelle consultation.

Selon le dernier sondage mené par l'institut Savanta ComRes pour le journal The Scotsman, mi-décembre, 58% des Écossais soutiennent désormais une rupture avec le Royaume-Uni, du jamais vu. Si les Britanniques, dans leur ensemble, avaient voté à 51,9% pour le Brexit en 2016, les Écossais s'étaient eux opposés à 62% à la sortie de l'Union européenne.

Avec le Brexit, "nos citoyens seront moins en sécurité et leur droit de travailler, d'étudier et de vivre ailleurs en Europe sera restreint."
Nicola Sturgeon
Première ministre écossais

Construire des ponts

"En tant que membre indépendant de l'Union européenne, l'Écosse serait un partenaire et pourrait construire des ponts - pas seulement un pont vers la construction d'une économie plus forte et une société plus juste, mais aussi un pont pour faciliter les relations entre l'UE et le Royaume-Uni", a avancé Mme Sturgeon.

"Au cours de nos près de 50 ans d'adhésion, nous avons énormément bénéficié des 'quatre libertés' du marché unique, y compris la liberté de mouvement. Plus de 230.000 personnes de toute l'Europe ont élu domicile en Écosse". Avec le Brexit, "nos citoyens seront moins en sécurité et leur droit de travailler, d'étudier et de vivre ailleurs en Europe sera restreint", a-t-elle regretté, soulignant que 2.000 Écossais avaient participé l'an dernier au programme d'échange universitaire Erasmus, auquel le gouvernement britannique a renoncé pour le remplacer par son propre programme international.

Johnson toujours opposé

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a réaffirmé dimanche son opposition à la tenue d'un nouveau référendum sur l'indépendance de l’Écosse. "D'après mon expérience, les référendums dans ce pays ne sont pas des événements particulièrement joyeux", a déclaré Boris Johnson sur la BBC, allusion aux profondes divisions provoquées par le référendum sur le Brexit en 2016, gagné à 52% par le camp du "Leave".

En 1975, les Britanniques avaient été consultés sur le maintien de leur pays dans la CEE. Quarante-et-un ans de distance semble "un bon écart", a estimé Boris Johnson. Pour le dirigeant conservateur, les référendums ne devraient être autorisés "qu'une fois par génération".

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