L'étau se resserre encore autour de May

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Alors que le parti travailliste a annoncé la rupture des négociations pour un compromis sur le Brexit, la Première ministre est dans une situation irrespirable.

Les vents n’ont jamais été aussi contraires pour Theresa May. À quelques semaines de la fin de la session parlementaire, l’heure du grand bilan approche. En théorie, elle aura toujours la capacité technique de rester au pouvoir jusqu’en décembre prochain, date à laquelle les Tories pourront de nouveau faire passer une motion de défiance, et réussir là où ils ont échoué en décembre 2018.

Mais rester pour faire quoi?

Boris Johnson s’impose comme l’inévitable futur leader, ce qui annonce un important durcissement des relations avec l’Union européenne.

Après six semaines de négociations avec l’opposition travailliste pour un compromis sur le Brexit, la rupture a été confirmée vendredi par Jeremy Corbyn. Ce dernier n’a pas accepté de porter les revendications d’une bonne partie du Labour – à savoir l’organisation d’un second référendum –, et a préféré insister sur des concessions portant sur l’Union douanière.

Les élections européennes de jeudi prochain devraient être marquées par une victoire relative du Parti du Brexit, qui obtient actuellement environ 35% d’intentions de votes. En additionnant les voix éparpillées dans tous les partis, les remainers semblent majoritaires, mais ce sont bien des députés eurosceptiques qui représenteront majoritairement le Royaume-Uni à partir du 2 juillet. Le parti conservateur va, de son côté, enregistrer une déroute historique.

Theresa May espère encore faire voter sa loi sur le Brexit au début du mois de juin, malgré le rejet massif de cet accord à trois reprises ces derniers mois.

May prépare une décision historique

Au lendemain de cet échec programmé, Theresa May devra donc affronter un grand vide, et devra faire face à un choix complexe.

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Au mois de mars, May s’est déjà engagée à démissionner… en cas de validation de son accord. Jeudi dernier, face au 1922 Committee, le groupe parlementaire des Tories, elle avait annoncé qu’elle donnerait un calendrier pour l’élection du prochain leader. Les conservateurs espèrent que l’échéance se situe cet été, afin de permettre l’élection lors du congrès du parti en septembre.

Même si une partie des médias annonce que son départ n’est désormais qu’une question de semaines, le passé a maintes fois prouvé la capacité de résistance de Theresa May, qui s’est souvent maintenue au pouvoir alors qu’elle semblait à bout de souffle.

Boris Johnson s’impose comme l’inévitable futur leader, ce qui annonce un important durcissement des relations avec l’Union européenne et rend probable un Brexit sans accord.

May a trois semaines pour arrêter sa position. Avec uniquement deux possibilités.

  • Soit continuer à résister et se sacrifier en attendant que la solution d’un second référendum, portée par l’opposition et par environ un tiers de Tories, s’impose aux Communes.
  • Ou bien admettre son impuissance et laisser aux Brexiters durs la charge de finir ce qu’ils ont commencé.

Sa décision aura une valeur historique pour le Royaume-Uni et l’Union européenne.

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