L'Europe entre attentisme et impatience sur la question du Brexit

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Pas question pour les Européens de prendre les devants: c’est à Westminster de signer le divorce le premier. Mais en laissant planer le doute sur la possibilité d’une nouvelle extension, l’Union presse les Britanniques de se décider.

Point de référence à un principe de 1604 pour expliquer que le Parlement européen ne votera pas cette semaine sur le traité de divorce britannique. Contrairement au "speaker" de Westminster, les eurodéputés de Strasbourg n’ont pas des siècles de tradition à faire valoir pour expliquer leur position – la cohérence politique suffit. Après son élection, le Parlement européen a confirmé dans une résolution une ligne très claire sur le Brexit: il "ne procédera à aucun vote d’approbation tant que le Parlement britannique n’aura pas approuvé un accord" avec l’Union.

"Ce n’est pas le Parlement européen qui accélérera ou ralentira un processus qui est dans les mains des institutions britanniques."
Porte-parole du Parlement européen

Voter un acte de divorce qui – jusqu’à preuve du contraire – pourrait ne jamais être voté à Westminster placerait l’Europe dans une position contradictoire: elle n’a jamais voulu le Brexit. Le député libéral belge Guy Verhofstadt, qui préside le "Brexit Steering Group", a confirmé l’orientation ce lundi après-midi: le Parlement européen doit attendre une ratification complète côté britannique avant de voter.

"Ce n’est pas le Parlement européen qui accélérera ou ralentira un processus qui est dans les mains des institutions britanniques", a assuré de son côté le porte-parole de l’institution. Si les Britanniques avancent, la convocation d’une session pourrait avoir lieu la semaine prochaine pour voter l’accord de Brexit avant Halloween.

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En cas de blocage persistant à Londres, le processus pose la question d’un nouveau report. La semaine dernière, le président de la Commission Jean-Claude Juncker l’avait exclu (mais c’est aux chefs de gouvernement de l’Union qu’il revient d’en décider). Samedi, Boris Johnson a été contraint d’en formuler la demande. Il s’y est plié de mauvaise grâce, sans signer sa demande et en l’accompagnant d’une lettre – signée, elle – exprimant le souhait de ne pas la voir se réaliser. Signée ou pas, "pour nous, cette forme ne change rien", a indiqué ce lundi une porte-parole de la Commission européenne. Mais l’éventualité d’un nouveau report reste chahutée sur le continent.

Ce lundi matin, le gouvernement français alimentait l’idée qu’il pourrait être refusé. "Le pire du Brexit n’est pas le no deal mais l’incertitude qui se prolonge", a assuré la secrétaire d’État française Amélie de Montchalin – sans s’appesantir sur l’incertitude que générerait une sortie du Royaume-Uni sans accord. Côté allemand par contre, on a ouvert la porte à une extension "courte, technique", du Brexit. Entre menaces et encouragements, l’Europe presse Westminster de prendre enfin une position claire sur le Brexit.

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