L'Europe ne conclura pas avec Londres "à n'importe quel prix" (Michel Barnier)

Michel Barnier, le négociateur en chef de l'UE pour le Brexit, a reçu un mandat pour négocier la seconde phase du Brexit.

Les Vingt-sept ont donné mandat à Michel Barnier pour négocier un accord de libre-échange avec le Royaume-Uni. Les négociations commenceront lundi prochain dans un climat fortement dégradé entre Londres et Bruxelles.

Après la mise en oeuvre de l'accord de retrait du Royaume-Uni, un nouveau chapitre s'ouvre pour le Brexit, la négociation de la relation future entre Londres et Bruxelles.

Les Vingt-sept ont officiellement désigné ce mardi Michel Barnier, le négociateur en chef de l'UE, pour mener ces négociations. Un mandat a été confié au Français lors d'un Conseil affaires générales.

"Nous sommes prêts à commencer cette nouvelle étape de la négociation" a dit Michel Barnier, confirmant le début des pourparlers dès lundi prochain après-midi. Le premier round devrait se terminer jeudi.

"Bien entendu, nous ne conclurons pas cet accord à n'importe quel prix", a-t-il ajouté, "nous avons très peu de temps devant nous".

Début des négociations en mars

L'UE devrait proposer au Royaume-Uni de conclure un accord de libre-échange sans quota ni droit de douane.

"Nous avons très peu de temps devant nous."
Michel Barnier
Négociateur en chef de l'UE pour le Brexit

En contrepartie, les Européens exigent que Londres respecte les normes européennes en matière d'aides d'État, d'environnement, de droit du travail et de fiscalité. Cette exigence semble loin des préoccupations du Premier ministre britannique Boris Johnson. Les relations entre le Royaume-Uni et l'UE se sont dégradées depuis la conclusion de l'accord de retrait et l'entrée en vigueur du Brexit au 31 janvier dernier. 

L'ambiance n'est pas au beau fixe dans les rangs des Européens après les révélations du Sunday Times, affirmant dimanche que Londres a l'intention de contourner l'obligation de contrôler les biens transportés depuis le Royaume-Uni vers l'Irlande du Nord. Londres a démenti. Mais les doutes persistent, tant cette obligation est redoutée au Royaume-Uni car elle rétablirait une quasi-frontière avec l'Irlande du Nord. 

Dossier Brexit

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La France et l'Irlande ont été très fermes mardi au Conseil Affaires générales. Pour la ministre des Affaires européennes Amélie de Montchalin, l'accord devra garantir une concurrence loyale et l'accès des eaux britanniques aux pêcheurs des États de l'UE. Pour huit États de l'UE, il est vital que Londres garantisse à leurs pêcheurs un accès aux eaux territoriales.

Tester la bonne foi de Londres

La période de transition sera l'occasion pour l'Union européenne, et en particulier la République d'Irlande, de vérifier si le Royaume-Uni exécute les obligations auxquelles il s'est engagé dans l'accord de retrait. "S'il n'y a pas de progrès dans les mois à venir sur les infrastructures nécessaires pour mettre en oeuvre le protocole irlandais, ce sera un signal très préoccupant pour la possibilité ou non de conclure un accord avant la fin de l'année", a dit Simon Coveney, le ministre irlandais aux Affaires européennes.

"S'il n'y a pas de progrès dans les mois à venir sur les infrastructures nécessaires pour mettre en oeuvre le protocole irlandais, ce sera un signal très préoccupant pour la possibilité ou non de conclure un accord avant la fin de l'année."
Simon Coveney
Ministre irlandais chargé des Affaires européennes

Michel Barnier a appelé à "la confiance" et au "respect mutuel" durant ces négociations. "Une des clés est que tout ce que nous avons déjà décidé soit respecté", a-t-il dit.

Le gouvernement britannique, de sont côté, a validé mardi son mandat de négociation. Selon un porte-parole britannique, le mandat définit l'approche qui va "restaurer notre indépendance économique et politique, et qui est basée sur les autres accords de libre-échange existant entre l'UE et d'autres nations souveraines".

Les deux parties disposent de peu de temps pour conclure. L'accord de libre échange doit être conclu avant la fin de la période de transition, le 31 décembre 2020. À moins que cette période ne soit allongée d'un an ou deux. Londres dispose encore de quatre mois pour demander une éventuelle prolongation. Michel Barnier a annoncé qu'il rendrait des comptes en juin sur l'avancement des négociations. 

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