"L'horloge tourne car il y a 43 ans de relations à détricoter pour le Brexit"

Michel Barnier ©EPA

Michel Barnier, négociateur européen pour le Brexit, a exhorté le Royaume-Uni à se mettre à table. Alors qu'il présentait les directives, le Financial Times chiffrait la facture d'une sortie britannique de l'Union européenne à quelque 100 milliards d'euros.

Les comptes devront être soldés entre le Royaume-Uni et l'Union européenne à l'occasion du Brexit, et ce n'est "pas une punition", a soutenu mercredi le négociateur européen en chef Michel Barnier lors d'une conférence présentant les directives des discussions vers le Brexit. "Le Royaume-Uni devra honorer au terme d'un règlement financier unique (...) tous les engagements. Il ne s'agit pas d'une punition ni d'une taxe de sortie".

L'objectif de Michel Barnier et de son équipe est de se "mettre d'accord sur une méthodologie rigoureuse pour calculer ces engagements" financiers. Le Français, désigné par les institutions et les Etats membres pour négocier au nom de l'UE, a refusé de qualifier de "facture" la somme qui sera demandée à Londres, mais aussi d'avancer un quelconque chiffre. Le Financial Times avançait que la facture s'élèverait désormais pour les Britanniques à quelque 100 milliards d'euros. Bien au-deça des 60 milliards jusqu'ici avancés. 

La somme des engagements est susceptible d'évoluer car le Royaume-Uni est encore membre de l'UE jusqu'à ce qu'il se retire officiellement, à la date prévue du 29 mars 2019, a expliqué Michel Barnier.

"Il y a sur cette question comme sur les autres des positions différentes" avec Londres, a encore reconnu le négociateur en chef. C'est ce qui est ressorti du dîner une semaine plus tôt entre lui, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et la Première ministre britannique Theresa May.

Le Brexit ne sera pas facile, a-t-il souligné, renvoyant la balle dans le camp britannique, qui doit encore se mettre en ordre de bataille après des élections prévues le 8 juin.
"Certains créent l'illusion que le Brexit n'aura pas d'impact matériel sur nos vies ou que les négociations pourraient être conclues rapidement", a-t-il regretté.

©Bloomberg

100 milliards? Pas question!

Londres ne payera pas 100 milliards d'euros pour quitter l'Union européenne, a d'ores er déjà indiqué le ministre britannique chargé du Brexit. " Ce que nous devons faire, c'est discuter en détails de ce que sont les droits et obligations. Le Royaume-Uni n'entre pas dans les négociations du Brexit en quémandeur mais en tant que négociateur" , a déclaré David Davis à la chaîne de télévision ITV.

"Ce matin, vous voyez des demandes de 100 milliards dans les journaux - c'est passé de 50 à 60 à 100. Je ne pense pas que nous allons finir à ce niveau, en fait je sais que nous n'allons pas terminer à ce niveau. La vérité c'est que ça va être des négociations difficiles", a-t-il répété sur BBC Radio 4.

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Michel Barnier, 66 ans, ancien commissaire européen espère boucler les négociations d'ici octobre 2018, afin que le Parlement européen puisse voter l'accord trouvé dans les temps avant la date prévue du retrait du Royaume-Uni, le 29 mars 2019.

Les recommandations de la Commission, selon un projet consulté par l'agence AFP, poussent à demander une garantie de leurs droits actuels à vie pour les citoyens de l'UE vivant depuis cinq ans au Royaume-Uni, soit environ trois millions de persones. Les droits de résidence, mais aussi liés au marché du travail, à l'éducation, à l'accès à la santé, à la reconnaissance du diplôme ou de la qualification devront être garantis. Et cette garantie sera protégée in fine par la Cour de justice de l'UE, a souligné Michel Barnier.

Ces garanties font écho aux trois dossiers-clés identifiés par les Etats membres qui devront être résolus avant toute discussion sur un futur accord commercial: les citoyens, les comptes à solder et le cas de la frontière entre l'Irlande du Nord, province britannique, et l'Irlande. Les négociations ne devront d'ailleurs pas compromettre l'accord du Vendredi Saint qui a mis fin aux "troubles" en Irlande en 1998. L'UE veut s'assurer qu'une frontière physique ne sera pas instaurée entre l'Irlande du Nord, province britannique, et l'Irlande.

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