L'Irlande continue d'envenimer la négociation du Brexit

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Theresa May rencontrait Jean-Claude Juncker ce lundi, elle est rentrée à Londres les mains vides. La rumeur d’un accord sur "toutes les questions relatives à l’Irlande" a laissé entrevoir un dénouement. Mais l’information a provoqué une levée de boucliers chez les unionistes irlandais, et de nouvelles revendications en Grande-Bretagne.

Conférence au sommet dans la grande salle de presse de la Commission européenne. Deux drapeaux, l’Union Jack et le cercle étoilé sur champ d’azur. Après des mois de négociations hoquetantes, la rumeur annonce une percée. Peut-être. Theresa May et Jean-Claude Juncker font leur entrée. Et ceux qui s’attendaient encore à l’annonce d’un accord sur les fondements du divorce entre le Royaume-Uni et l’Union déchantent immédiatement. La conférence durera deux minutes. Le temps de dire que malgré toute la bonne volonté du monde, "il n’a pas été possible d’atteindre un accord complet aujourd’hui". Et Jean-Claude Juncker de préciser qu’il reste "confiant" dans le fait qu’un accord reste possible d’ici au sommet européen des 14 et 15 décembre.

Alignement réglementaire

Les espoirs d’accord étaient venus d’Irlande, où des sources gouvernementales ont annoncé que l’affaire était dans le sac sur la question la plus sensible: "Un accord a été conclu sur toutes les questions relatives à l’Irlande."

Theresa May aurait donné son accord pour que l’Irlande du Nord jouisse d’un statut à part qui lui permettrait de conserver le même cadre réglementaire que la République d’Irlande, et donc que l’Union européenne. La livre s’est appréciée pour accueillir l’"accord".

Mais on le sait, cette option est imbuvable pour le petit parti unioniste DUP, sans lequel Theresa May ne pourrait gouverner: "Nous quittons (l’UE) selon les mêmes termes" que le reste du Royaume-Uni, a encore répété un de ses responsables.

"Ce n’est pas un échec, c’est le début du dernier round."
Jean-Claude Juncker Président de la Commission européenne

©EPA

L’hypothèse d’un statut réglementaire spécial pour l’Irlande du Nord a aussi entraîné une levée de boucliers en Grande-Bretagne. Imbuvable pour le Premier ministre du Pays de Galles: "Nous ne pouvons pas permettre que différentes parties du Royaume-Uni soient traitées de manière plus favorables que d’autres. Si une partie du Royaume-Uni peut poursuivre sa participation au marché unique et à l’Union douanière, alors nous entendons nous voir proposer la même offre", a dit Carwyn Jones. En Écosse, Nicola Sturgeon a fait une sortie sensiblement similaire. Et depuis Bombay, le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, a estimé que la capitale devrait elle aussi pouvoir bénéficier des mêmes conditions que l’Irlande du Nord: "Un accord similaire ici pourrait protéger des dizaines de milliers d’emplois."

Ce déferlement a-t-il conduit Theresa May à faire marche arrière? En tout état de cause, Jean-Claude Juncker se veut confiant dans le fait que cette première phase de négociation ne devrait plus tarder à se dénouer: "Ce n’est pas un échec, c’est le début du tout dernier round", a-t-il voulu rassurer devant la Britannique.

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