L'opposition britannique s'accorde pour empêcher un "no deal"

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Un accord a été trouvé entre plusieurs partis d'opposition au Parlement britannique pour s'opposer à un Brexit sans accord, ce qui risque de fragiliser le gouvernement de Boris Johnson.

Le patron du Parti travailliste britannique Jeremy Corbyn a réuni ce mardi les autres chefs de file de l'opposition. Le but: tenter de faire front commun contre un Brexit brutal le 31 octobre, envisagé par le Premier ministre Boris Johnson.

Et le chef de file du Labour y est parvenu. Le Parti national écossais (SNP), les libéraux-démocrates, le Parti Vert et le Groupe indépendant pour le changement ont accepté de se joindre à l'action de la principale formation de l'opposition.

Vote de défiance la semaine prochaine 

La rentrée parlementaire, prévue le 3 septembre prochain, s'annonce donc des plus chaudes outre-Manche. L'opposition, ragaillardie par l'officialisation de ce front commun opposé au "no deal", tentera de faire tomber le gouvernement de Boris Johnson. Comment? En déclenchant un vote de défiance immédiatement après le retour de vacances du Parlement dans le but d'organiser des élections générales anticipées. "Les participants sont convenus de l'urgence de prendre des mesures afin de trouver des moyens concrets d'empêcher un 'no deal', notamment par la présentation de textes législatifs et un vote de défiance", ont précisé ces partis dans un communiqué commun. 

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Mais pour arriver à leurs fins, les partis d'opposition devront aussi compter sur le vote des eurosceptiques favorables à une sortie sans accord - ce qui est quasiment impossible - ainsi que sur quelques défections au sein de la famille politique du Premier ministre. La majorité du dirigeant conservateur ne tient en effet qu'à une poignée de voix et à un accord très fragile avec le parti unioniste irlandais (DUP), soit un total de 321 voix contre 316 pour le parti de Jeremy Corbyn et ses quatre alliés. 

Du côté du Parti du Brexit, la formation de Nigel Farage, on a d'ailleurs proposé ce mardi à Boris Johnson un "pacte de non-agression" dans l'hypothèse de nouvelles élections législatives. Il y appose toutefois une condition: que le Premier ministre opte clairement pour un Brexit sans accord, de quoi rajouter une couche de pression sur les épaules du chef de gouvernement. 

Boris Johnson doit aussi s'entretenir au téléphone dans la journée avec Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne. David Frost, l'un des principaux conseillers du Premier ministre britannique, est attendu ce mercredi à Bruxelles pour discuter d'alternatives au plan de Brexit négocié par Theresa May. Le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a encore souligné que le Royaume-Uni devra s'acquitter de son "chèque" à l'égard de l'UE, qu'il y ait ou non accord sur sa sortie. Boris Johnson a laissé entendre récemment que la perspective d'un "no deal" sur le Brexit rendait caduque la contribution d'une cinquantaine de milliards d'euros que Londres est appelé à verser sur plusieurs années à l'UE.  

Immédiatement après l'accord entre les 5 partis d'opposition, Boris Johnson a indiqué sur compte twitter que "le résultat du référendum (devait) être respecté". 

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