L'UE réserve un budget "calamité" pour le no deal

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La Commission met en place un dispositif d’aide financière aux États, comme la Belgique, qui seront les plus frappés dans le cas d’un Brexit sans accord.

S’il doit se produire, le phénomène sera tout ce qu’il y a de plus artificiel, pourtant la Commission le traite désormais comme une catastrophe naturelle. Le fonds de solidarité de l’Union européenne, jusqu’ici destiné à épauler les États membres frappés par des glissements de terrain et autres tremblements de terre, est appelé en renfort pour faire face à la catastrophe d’un départ du Royaume-Uni sans accord. Dans une proposition de règlement publiée mercredi, l’exécutif européen entend réserver aux États membres qui feraient face à des charges financières lourdes "directement imputables" au no deal la moitié de ce fonds, soit 600 millions d’euros.

Les pays les plus touchés pourront y faire appel pour alimenter des aides aux entreprises, ou assurer le bon fonctionnement des contrôles douaniers. La Commission précise que ce fonds ne peut en aucun cas servir de palliatif à un manque de prévoyance: les dossiers introduits par des pays "insuffisamment préparés" pourront être recalés (bien que cette notion doive encore être précisée). Une autre enveloppe est mobilisée pour venir en aide aux travailleurs. Les 150 millions d’euros du fonds "d’ajustement à la mondialisation", qui sert en principe à financer la reconversion des victimes de délocalisations, pourront également être appelés à la rescousse dans le cadre d’un Brexit dur.

Les deux fonds libéreraient un total de 780 millions d’euros.

Les deux fonds libéreraient donc un total de 780 millions d’euros. Le montant peut paraître dérisoire à l’échelle de l’Union. Mais il sera essentiellement destiné à quelques États – la Belgique (la Flandre est en première ligne), l’Irlande, l’Allemagne, la France, les Pays-Bas. Et une source européenne souligne que le chiffre ne reflète pas l’ensemble des aides disponibles, puisque d’autres fonds pourraient être mobilisés pour la pêche et l’agriculture, et que de nouvelles aides d’État pourraient être octroyées.

Faire face à l’impasse

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Même si l’on assure, à la Commission, que ces nouvelles mesures n’ont aucun lien avec une quelconque évolution sur l’appréciation du risque d’un Brexit sans accord par les négociateurs européens, les annonces du jour ajoutent au climat d’impasse qui règne à Bruxelles. Au Berlaymont, on épuise ces derniers jours le lexique de la langue de bois pour expliquer que "la discussion sur la manière de discuter progresse". Alors que David Frost, le conseiller de Boris Johnson, était de retour mercredi à Bruxelles pour des entretiens à huis clos, d’aucuns s’interrogent désormais sur le sens d’une discussion de fond avec un gouvernement privé de majorité.

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