L'UE se prépare aussi à un échec des négociations sur le Brexit

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L'Union européenne se montrera "constructive" dans les discussions sur le Brexit avec le Royaume-Uni, mais elle est prête à toute éventualité si elles échouent.

Deux jours après avoir déclenché l'article 50 du Traité de Lisbonne, les négociations du Brexit s'organisent. L'Union européenne a dévoilé ce vendredi les grandes lignes de son plan de négociations. Il sera présenté à la Valette et les dirigeants des 27 pays fidèles à l'UE devront ensuite l'adopter lors d'un sommet le 29 avril à Bruxelles.

1. L'UE comme maître du temps

Londres veut tout négocier d'un coup: son divorce avec l'Union européenne et sa "relation future" avec le continent, mais l'Europe dit non. Concrètement, des "progrès suffisants" devront être faits sur l'accord réglant le divorce AVANT d'entamer le volet "relation future".

L'UE coupe ainsi la poire en deux en n'exigeant pas la finalisation du retrait du Royaume-Uni pour commencer des "discussions préparatoires". Les 27 tiennent à rester maîtres du rythme des tractations.

2. Les trois priorités de l'UE

Les trois principales priorités de l'UE pour les négociations à venir sont déjà connues:

Clarifier le sort des plus de 3 millions de ressortissants européens au Royaume-Uni et du plus d'un million de Britanniques résidant dans un autre Etat membre.
Lever les incertitudes pesant sur la frontière entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord, province britannique.
S
older les comptes des engagements budgétaires du Royaume-Uni. La Commission a évalué la facture entre 55 et 60 milliards d'euros, selon un haut responsable européen. Mais Londres "ne reconnaît pas les montants parfois très importants qui ont circulé à Bruxelles", a averti jeudi le ministre britannique des Finances Philip Hammond.

3. Un échec possible

L'Union européenne se prépare aussi à l'éventualité d'un échec des négociations. "Dans ces négociations, l'Union agira unie. Elle sera constructive tout du long et s'efforcera de trouver un accord", est-il écrit dans le projet d'orientations de négociations. Elle "travaillera dur pour y parvenir, mais elle se préparera aussi à pouvoir gérer la situation si les négociations échouaient".

4. Maintenir la sécurité

Dès les premières heures qui ont suivi la notification formelle du Brexit mercredi, une autre pomme de discorde est déjà apparue, concernant la future coopération de Londres en matière de sécurité avec l'UE. Le gouvernement britannique a ainsi dû s'évertuer jeudi à dégonfler une polémique après que Theresa May a semblé mettre cette coopération dans la balance des négociations, pour obtenir des conditions de départ avantageuses.

"La sécurité de tous les citoyens est un sujet bien trop grave" pour faire l'objet de marchandages.
Guy Verhofstadt
eurodéputé libéral

"La sécurité de tous les citoyens est un sujet bien trop grave" pour faire l'objet de marchandages, a réagi l'eurodéputé libéral Guy Verhofstadt, référent du Parlement européen pour les négociations du Brexit.

Le ministre chargé du Brexit, David Davis, a lui assuré que ce "n'était pas une menace" mais un "argument pour obtenir un accord" avec Bruxelles. 

"Nos partenaires sont sages et honnêtes et c'est pourquoi je suis absolument certain que personne n'est intéressé à utiliser la coopération en matière de sécurité comme un objet de marchandage", a déclaré devant la presse Donald Tusk, président du Conseil européen.

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