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La piste du second référendum sur le Brexit gagne du terrain

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La recherche d’un compromis entre la Première ministre et le leader de l’opposition reste bloquée. Theresa May semble condamnée à demander une longue extension à l’UE, le 10 avril. Elle pourrait motiver sa requête avec la perspective d’un second référendum.

Deux jours après le spectaculaire basculement opéré par Theresa May en direction de l’opposition travailliste, le miracle d’un accord "cross-party" semble encore lointain. Après une réunion de quatre heures et demi, Downing Street a publié un communiqué très court, indiquant notamment que "le gouvernement et l’opposition espèrent se réunir [ce vendredi] encore et continuer de travailler pour trouver un moyen de concrétiser le résultat du référendum, en étant conscients du besoin de progresser en amont du prochain Conseil européen".

May et Corbyn ne doivent pas seulement trouver un compromis sur le Brexit. Ils doivent aussi veiller à ne pas faire exploser leur propre parti. Plus de la moitié des députés tories ont envoyé à Theresa May une lettre l’enjoignant de privilégier un Brexit sans accord à un long report, alors que de l’autre côté, Jeremy Corbyn est sous forte pression de la majorité de ses parlementaires pour demander un maintien dans l’Union douanière, dans la continuité des deux votes exprimés en ce sens depuis dix jours.

Second référendum

Onze parlementaires travaillistes, dont quatre caciques du parti, ont signé une tribune dans The Independent, pour inviter Corbyn à faire du second référendum une priorité. Le ministre des Finances, Philip Hammond, principale figure du gouvernement de May, a de son côté qualifié le second référendum de "proposition parfaitement crédible". Ce second référendum semble bien être la seule solution capable d’obtenir une majorité, mais pas encore pour tout de suite, du moins pas tant que toutes les autres options n’auront pas été épuisées.

Les bruits autour d’un référendum de confirmation de tout accord qui serait voté par les parlementaires s’amplifient.

À l’issue de cette journée, une source proche de la Première ministre nous a indiqué que ce second référendum n’était absolument pas prioritaire dans les discussions, qui visent uniquement à exécuter le Brexit. Mais les bruits autour d’un référendum de confirmation de tout accord qui serait voté par les parlementaires sont persistants. Un tel référendum ne solutionnerait rien en soi, mais il lèverait le tabou d’une nouvelle consultation du peuple…

Theresa May pourrait par ailleurs être dans l’obligation de garantir que le Royaume-Uni demandera une longue extension pour éviter un no-deal, après le vote d’une proposition de loi en ce sens mercredi, qui est examinée par la Chambre des lords jusqu’à lundi. Cette proposition de loi ne devrait toutefois pas changer la tactique de négociation de May avec l’Union européenne, puisqu’elle a maintes fois indiqué son opposition définitive à un Brexit sans accord et affirmé ses faveurs à la participation britannique aux élections européennes, si cela devenait vraiment nécessaire.

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Mais le temps presse, et la tenue d’un vote, même indicatif, n’est plus du tout certaine d’ici lundi. Il est possible que May se rende au Conseil européen avec pour seul bagage des négociations toujours en cours avec Corbyn. Et en filigrane, la perspective d’un second référendum. À moins d’un nouveau coup de théâtre, c’est donc bien la mansuétude de l’UE qui permettra de gagner du temps et de repousser la résolution de la crise.

La conférence de presse commune du Premier ministre irlandais Leo Varadkar et Angela Merkel a équilibré les propos sans concession des autres dirigeants européens, depuis le début de la semaine. "Jusqu’à la toute dernière heure – au moins du côté allemand – nous ferons tous afin d’empêcher un Brexit sans accord", a rappelé la Chancelière allemande.

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