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La place de l'anglais dans l'UE post-Brexit pose question

Malgré le Brexit, l'anglais reste une langue officielle et procédurale, ce qui engendre des coûts élevés. ©AFP

Le coût de l'anglais s’élève à près d’un tiers de budget "langues" de l'Union européenne, 290 millions d’euros, selon deux chercheurs en économie. Alors qu'il ne sera plus la langue maternelle que de 1% de la population.

Deux professeurs d'économie ont cherché à évaluer la part, dans le budget "langues" de l’UE, de chacune des 24 langues officielles. Ils se sont particulièrement intéressés à la place de la langue anglaise, dans le contexte post-Brexit, pour la revue Regards Économiques .

"Le Brexit a sans doute comme consé­quence que les autres pays de l’UE devront 'prendre en charge' le coût des tra­ductions et interprétations de et vers l’anglais."
Victor Ginsburgh et Juan Moreno-Ternero
Professeurs d'économie

Il faut savoir que l'anglais, suite au Brexit, sera la langue maternelle d’un pour cent seulement de la population de l’Union, mais restera une langue officielle et procédurale (de travail). Pour changer cela, il faudrait un vote à l'unanimité au Conseil, or il est inimaginable qu'un pays comme l'Irlande vote en défaveur du maintien de l'anglais, qui est une langue officielle du pays.

Le coût de l'anglais

Pour déterminer la contribution de chaque langue officielle dans le budget langues, les chercheurs se sont basés sur plusieurs indicateurs: les dépenses directes en traduction et interprétariat dans chaque langue, le degré de non-connaissance des langues procédurales (anglais, allemand et français) dans chaque pays membre et le PIB de ceux-ci. Un indice pondéré de ces trois indicateurs a été établi.

L'analyse publiée dans Regards Economiques montre que le coût de l'anglais s’élève à près d’un tiers de budget, soit 290 millions d’euros. "Le Brexit a sans doute comme consé­quence que les autres pays de l’UE devront 'prendre en charge' le coût des tra­ductions et interprétations de et vers l’anglais", épinglent les deux chercheurs, Victor Ginsburgh (ULB/UCL) et Juan Moreno-Ternero (Université de Séville, en Espagne). Ceux-ci relèvent quand même qu'il est "sans aucun doute efficace, aussi bien pour l’UE que pour le Royaume-Uni" de préserver la place actuelle de l'anglais. "Mais on peut se demander pourquoi il irait de soi que les Britanniques puissent profiter gratuitement de cette aubaine", s'interrogent-ils en guise de conclusion.

"On peut se demander pourquoi il irait de soi que les Britanniques puissent profiter gratuitement de cette aubaine."
Victor Ginsburgh et Juan Moreno-Ternero

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