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reportage

La Tech City brille de mille feux

La skyline de Londres a vu pousser une série de nouveaux gratte-ciel au cœur des deux centres financiers, celui de l’antique City, et celui de Canary Wharf, quelques kilomètres plus à l’est. ©Bloomberg

L’un des plus grands succès des cinq ans au pouvoir de David Cameron a été l’explosion de créativité dans la technologie financière.

2010-2015. Une coalition gouvernementale qui a tenu la route tant bien que mal. Et une City qui a changé comme jamais auparavant. L’évolution est visible à l’œil nu. En cinq ans, la skyline de Londres a vu pousser une série de nouveaux gratte-ciel au cœur des deux centres financiers, celui de l’antique City, et celui de Canary Wharf, quelques kilomètres plus à l’est.

Les permis de construire avaient, bien entendu, été accordés avant l’arrivée de David Cameron au pouvoir. Mais un déclic psychologique s’est clairement opéré ces dernières années. La question de la place de la Cathédrale Saint-Paul ou de la Tower of London dans le panorama londonien ne se pose plus: ces deux monuments historiques sont désormais écrasés par l’immensité des tours environnantes.

Ces tours ultramodernes sont un symbole. Celui d’une ville et d’une économie qui ont repris leur élan de destruction créatrice. Celui d’une finance qui a non seulement retrouvé sa dynamique d’avant-crise (les banquiers ont même retrouvé de leur superbe grâce aux bonus qui sont toujours aussi généreusement accordés), mais qui a aussi franchi une étape décisive en s’ouvrant aux nouvelles technologies.

La skyline de Londres a vu pousser une série de nouveaux gratte-ciel au coeur des deux centres financiers, celui de l'antique City, et celui de Canary Wharf, quelques kilomètres plus à l'est. ©REUTERS

Londres est en effet devenue la capitale mondiale de la Fintech. L’évolution est incroyablement rapide, puisque le secteur n’existait quasiment pas en 2010.

Entre les quartiers financiers et le Silicon Roundabout, cette zone située au nord, qui a été surnommée également la Tech City, pullulent des centaines de start-ups dont l’activité consiste à créer les services et produits qui serviront à faciliter les transactions entre sociétés et individus.

Mieux que New York

Monnaies virtuelles, comptabilité automatisée, plateformes de change sur internet, analyse ultra-fine de données des clients, protection de vols d’identité, crowdfunding: les services financiers de demain naissent ici. Plus qu’à New York et dans la Silicon Valley, où les passerelles entre métiers n’ont pas pu être posées aussi rapidement.

"Les cinq dernières années ont véritablement permis à Londres de faire un bond en avant en devenant un foyer de start-ups."
Andrew White
CEO de Fundapps

"Les cinq dernières années ont véritablement permis à Londres de faire un bond en avant en devenant un foyer de start-ups, confirme à L’Echo Andrew White, CEO de la firme FundApps. Celle-ci a justement été créée en 2010, et propose aux firmes financières de gérer leur communication avec les actionnaires via un système de cloud computing. Les clients n’ont plus besoin d’acquérir de logiciels ou de licences, et bénéficient d’une souplesse et d’une rapidité de traitement incomparables.

Basé à deux pas du fameux "Old Street Roundabout", cœur de l’innovation britannique, FundApps prend soin de toujours rappeler qu’elle n’est qu’à douze minutes de la City. "La FinTech a particulièrement prospéré ces dernières années, et Londres est idéalement placée du fait de son histoire financière et de la disponibilité de talents dans la technologie."

Outre la proposition de services et de produits, les start-ups de la Tech City ont créé les conditions de leur propre développement, comme en témoigne la forte progression de la finance alternative.

"Des progrès comme l’exonération fiscale pour les entrepreneurs, le SEIS (aide à la levée de fonds pour les PME), l’établissement de la Tech City ou l’abaissement des impôts sur les entreprises ont considérablement aidé", poursuit White, qui juge que "la politique du gouvernement a clairement été favorable aux start-ups".

"Des initiatives comme le Enterprise Management Incentives share options (facilités d’embauches offertes aux start-ups) ou la finance alternative ont fait de Londres le pivot des entreprises de la fintech", estime Alick Farma, fondatrice de la firme Osper, qui a créé une application de gestion de compte bancaire pour les enfants à partir de huit ans (L’Echo du 3 juillet 2014).

Trente ans après le Big Bang

©mediafin

La fin de la coalition LibDem-Tory et la possible arrivée au pouvoir du Labour ne troublent pas les acteurs de la FinTech. La pépinière de la Tech City, extension de sa grande sœur, continuera de pousser.

Interrogés dans une enquête de la Silicon Valley Bank, 124 dirigeants de start-ups britanniques appellent le prochain gouvernement à continuer de réformer le système fiscal (25%), de favoriser l’accès au capital (21%), favoriser les PME et les start-ups (12%), encourager l’immigration (11%), et soutenir la recherche et le développement (7%).

Alors que la City fêtera l’an prochain les trente ans de son Big Bang (dérégulation des marchés financiers et informatisation des échanges, qui lui ont permis de rattraper son retard sur New York), une autre révolution est en marche. Dans laquelle Londres ne s’efforce plus seulement de s’adapter au monde moderne, mais de le réinventer.

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