La Wallonie veut le datacenter anglais de Galileo

Trois satellites faisant partie du réseau européen Galileo. ©BELGA/AFP

Lors d’une rencontre avec Michel Barnier, Rudy Demotte a marqué l’intérêt de la Belgique pour abriter après le Brexit le Galileo Security Monitoring Center.

Ce pourrait être un lot de consolation pour la Belgique, si elle ne parvenait pas à rapatrier à Bruxelles l’une des deux grandes agences européennes situées au Royaume-Uni – l’Agence des médicaments (EMA) et l’Autorité bancaire européenne (ABE). Une partie de l’infrastructure technique du système de géolocalisation Galileo est située à Swanwick, au sud de la Grande-Bretagne: elle doit être relocalisée vers un territoire de l’Union à 27 d’ici mars 2019. Et la Belgique est le premier pays à avoir marqué son intérêt pour l’accueillir – même si l’appel à candidatures n’a pas encore eu lieu.

Rudy Demotte, ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, a mis ce dossier au menu d’une rencontre d’une heure avec Michel Barnier, mardi matin au Berlaymont. La Belgique pourrait accueillir le centre de back-up du Galileo Security Monitoring Center (GSMC) sur le site de Transinne, en province de Luxembourg, déjà choisi pour accueillir le centre de soutien logistique du système satellitaire. C’est à la Commission européenne qu’il reviendra de décider où cette infrastructure technique doit être relocalisée (contrairement à la procédure prévue pour choisir les villes qui accueilleront les agences, qui donne le dernier mot aux États membres). La procédure de transfert du GSMC va être lancée, nous confirme une source européenne, sans préciser quand.

→ Lire aussi l'édito: Pas de Brexit pour la recherche

Ce centre joue un rôle clé dans la sécurité dans la gestion de la sécurité du système de satellites – il sert par exemple d’interface avec les autorités nationales pour les demandes de clés cryptographiques. Son site principal est situé en France, son back-up britannique n’est pas encore opérationnel et n’emploie pour l’heure qu’un équivalent temps plein.

Recherche anglo-wallonne

Mais là n’était pas le cœur de la discussion entre Michel Barnier et le patron de la Communauté française. Les deux hommes ont surtout parlé de la manière de limiter les impacts négatifs du Brexit sur la recherche, alors que 105 des 150 projets de recherche européens auxquels participe la Fédération Wallonie-Bruxelles se font en partenariat avec des chercheurs britanniques.

Tout casser n’est pas une fatalité, puisque ces matières ne sont pas directement liées au marché intérieur que Londres entend quitter. Mais les termes de la future relation feront l’objet d’une négociation compliquée. Le programme de recherche de l’Union (Horizon 2020) est basé sur l’excellence, ce qui permet au Royaume-Uni d’en bénéficier à une hauteur bien supérieure à sa part de financement. Pour maintenir l’implication de ses chercheurs à flot, Londres devrait donc mettre la main au portefeuille. Au moment précis où le Royaume-Uni perdra son pouvoir d’inflexion dans les grandes orientations de la recherche de l’Union…

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