Le Brexit dur coûterait 500 millions d'euros au budget belge

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Si le Brexit a bien lieu et si, comme le menace Boris Johnson, Londres n’honore pas ses engagements financiers, la contribution belge au budget européen augmenterait d’environ 500 millions d’euros, calcule-t-on à l’université de Gand.

Si le Royaume-Uni quitte l’Union européenne sans payer sa facture, et si les dépenses du bloc ne sont pas ajustées, la Belgique aura plus de 500 millions d’euros de plus à verser par an au budget commun, selon l’économiste de l’université de Gand (UGent) Herman Matthijs, qui publiait lundi une analyse budgétaire pour le think tank Itinera Institute.

En 2019, à titre d’exemple, le Royaume-Uni paye 17,49 milliards d’euros au budget. La part belge du PIB européen, sans les Britanniques, étant de 3,34%, notre pays devrait donc éponger la note à hauteur de 584 millions d’euros sur l’année.

45 milliards €
Boris Johnson, qui brigue le poste de Premier ministre, menace de ne pas honorer la facture de départ de 45 milliards d’euros tant qu’il n’obtient pas de conditions de départ satisfaisantes.

Pour l’heure, le Royaume-Uni est le 3e contributeur au budget européen (11,95%). Il bénéficie du fameux "rabais britannique", une ristourne qui s’élève à 5 milliards d’euros cette année et que les autres États membres doivent compenser – la Belgique paie 4,85% de ce montant. Si l’on tient compte de ce rabais, la part à payer sur le total des coûts britanniques atteindrait 752 millions d’euros pour la Belgique, calcule l’économiste. Dans l’hypothèse, on le rappelle, où les dépenses de l’Union resteraient inchangées. Et en notant au passage que les contributions varient beaucoup d’une année à l’autre.

La Belgique, pour qui la présence des institutions européennes est un pôle d’activité économique clé, est l’un des pays pour lesquels la contribution par habitant au budget européen est proportionnellement la plus importante (534 euros par habitant par an), rappelle Itinera Institute. Sa contribution globale au budget européen n’a cessé d’augmenter ces dernières années, notamment en raison du développement du commerce international.

La menace de Johnson

Boris Johnson, en tête dans la course à la succession de Theresa May comme Premier ministre britannique, a menacé, au début du mois, de ne pas payer les quelque 45 milliards d’euros que Londres doit à l’Union européenne. "Nos amis et partenaires doivent comprendre que l’argent sera retenu jusqu’à ce que nous ayons plus de clarté sur la suite", avait-il indiqué au Sunday Times.

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Une position loin de faire l’unanimité au sein du camp conservateur. Le ministre des Finances Philip Hammond, pro-européen, a vertement critiqué la ligne de Johnson la semaine dernière, en marge du conseil des ministres des Affaires économiques, à Luxembourg. "Nous avons toujours dit que le Royaume-Uni est un pays qui honore ses obligations", a-t-il souligné. Ajoutant: "Je ne recommanderais à aucun de mes collègues de menacer de retirer des paiements qui font partie d’une obligation existante du Royaume-Uni."

La facture du divorce représente en effet les engagements déjà pris par le Royaume-Uni à la table de l’Union européenne, et ne pas les honorer serait à la fois déplorable pour la qualité de la relation de voisinage et pour la crédibilité du Royaume-Uni sur la scène internationale, souligne-t-on à Bruxelles.

Les Vingt-Sept tiennent bon 

Pour Boris Johnson, cette facture est un levier pour forcer l’Union européenne à rouvrir la négociation et obtenir de meilleures conditions de départ pour le Royaume-Uni. Les dirigeants de l’Union répètent à l’envi que l’accord conclu avec Theresa May n’est plus négociable. La Commission européenne a d’ailleurs muté début juin un pilier de son équipe de négociation, Sabine Weyand, à la tête de l’administration européenne du Commerce: un signe qu’on peut interpréter comme une façon de clore la discussion.

Le camp conservateur doit annoncer le nom du successeur de Theresa May le 22 juillet, alors que le retrait du Royaume-Uni reste programmé au 31 octobre.

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